C’est une situation sans précédent qui se profile pour la rentrée scolaire à venir sous le gouvernement de la Ve République : pour la première fois, les élèves feront leur retour en classe sans la présence d’un ministre de l’Éducation nationale pleinement en fonction. Cette absence de titulaire à la tête du ministère s’ajoute à une période d’instabilité ministérielle observée ces derniers mois, créant ainsi un climat d’incertitude quant à la gestion de l’éducation nationale dans les mois à venir.
Trois ministres se sont déjà succédés à la tête de l’Éducation nationale au cours de l’année scolaire, et quatre depuis la réélection d’Emmanuel Macron. Nicole Belloubet, qui était ministre de l’Éducation nationale depuis cinq mois, a démissionné suite aux résultats des élections législatives anticipées. Actuellement en charge des affaires courantes, elle a tenu une conférence de presse de rentrée, marquant ainsi une situation inédite sous la Ve République.
Depuis le départ de Pap Ndiaye en juillet 2023, trois ministres se sont succédés : Gabriel Attal, Amélie Oudéa-Castéra et Nicole Belloubet. Cette succession de ministres a été critiquée par les syndicats, dénonçant l’absence de vision à long terme et de mesures structurelles pour sortir l’école de la crise. De plus, certaines réformes mises en place par ces ministres, telles que l’interdiction du port de l’abaya et le report des épreuves de spécialités du baccalauréat, ont été controversées.
Malgré ces difficultés, la rentrée scolaire est en cours de préparation. Les grandes lignes politiques ont été décidées il y a quelques mois et entérinées par la circulaire de rentrée publiée fin juin. Les académies continuent de recruter et d’organiser la rentrée, soulignant le rôle prépondérant des recteurs dans le bon fonctionnement du système éducatif. Une nouvelle directrice générale de l’Enseignement scolaire a récemment été nommée pour mettre en place la politique éducative décidée par le gouvernement.
La conférence de presse de rentrée de l’Éducation nationale, qui a lieu habituellement pour fixer les objectifs pour l’année scolaire à venir, est cette année particulière en raison de la démission de Nicole Belloubet. Deux questions restent en suspens : quand cédera-t-elle officiellement son poste et qui lui succédera ? La ministre démissionnaire pourrait rester en poste après le 2 septembre. Elle a déclaré sur RMC mi-juillet qu’il est possible qu’elle soit encore en poste, en tout cas, elle se prépare à cette rentrée scolaire. Un mois et demi plus tard, ce scénario semble se confirmer, puisque Emmanuel Macron n’a toujours pas nommé de chef de gouvernement.
Pour Bruno Bobkiewicz, ce moment ne doit surtout pas s’éterniser. Il souligne que « on a besoin de savoir assez vite si certaines annonces mises de côté depuis la dissolution seront reprises par le futur ministre. Par exemple, le brevet va-t-il devenir obligatoire pour passer en seconde ? C’est une information que nous devons rapidement donner à nos élèves de 3e », explique le représentant des chefs d’établissement.
Un autre point d’interrogation concerne la tête du ministère de l’Education nationale. Selon Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées et collèges (SNALC), il faut quelqu’un qui connaisse au minimum la maison. Il souligne que ce n’est pas vraiment une question de personne, mais de budget, de prise de conscience des enjeux. Alors que la profession souffre déjà d’un problème de reconnaissance, Claude Lelièvre estime, lui, que prendre en compte les élections pourrait améliorer le lien de confiance entre les enseignants et l’institution.




