En collaboration avec plusieurs partenaires, les organisateurs de la course mettent en place des mesures préventives pour anticiper et éviter au maximum les risques de collision des bateaux avec les blocs de glace.
Cinq jours après avoir franchi le cap de Bonne-Espérance, un des caps majeurs de la course du Vendée Globe, les marins se trouvent désormais dans les mers redoutables du Sud, où les dépressions, les vagues creuses et les icebergs sont monnaie courante. La surveillance de ces icebergs est essentielle pour éviter les collisions et assurer la sécurité des concurrents. Alain Leboeuf, le directeur de la course, souligne l’importance de protéger chaque participant pour que la course se déroule de manière optimale.
Depuis l’an 2000, le Vendée Globe a mis en place un suivi des icebergs, passant par les « Portes des glaces », puis une « zone interdite » en 2014, pour finalement établir une Zone d’exclusion antarctique (ZEA) en 2016. Cette zone est définie grâce aux données des satellites de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et du Centre national d’études spatiales (CNES), collectées et analysées par l’entreprise française CLS (Collecte Locale Satellites).
Les satellites utilisés pour cette surveillance prennent différentes formes, notamment les altimètres, les optiques et les radars, permettant de détecter les icebergs de manière efficace. La ZEA est ajustée en temps réel en fonction des dérives des icebergs, pour garantir la sécurité des marins. Cette édition du Vendée Globe a déjà vu trois modifications de la ZEA, soulignant la nécessité d’une surveillance constante.
La ZEA agit comme une barrière invisible pour les marins, les empêchant d’explorer les vents extrêmes du Sud. Cette limite est un compromis entre sécurité et liberté, assurant que les skippeurs puissent se concentrer pleinement sur la course. Les marins peuvent recevoir jusqu’à 24 heures de pénalité en cas d’entrée dans la ZEA, mais pour beaucoup d’entre eux, cette restriction est un gage de sécurité.
Malgré la surveillance par satellite, le risque zéro n’existe pas, notamment en ce qui concerne les « growlers », petits morceaux d’icebergs difficiles à détecter. La vigilance reste de mise, notamment autour des îles Kerguelen et des îles Malouines après le passage du Cap Horn. Pour les prochaines éditions, des améliorations sont prévues, notamment avec l’ajout d’un satellite capable de mesurer l’épaisseur des blocs de glace à la dérive.




