Le secteur du cinéma est actuellement préoccupé par la diminution de la fréquentation des salles. En effet, la crise sanitaire liée au Covid-19 ainsi que le développement des plateformes de vidéo à la demande ont contribué à accélérer un phénomène de désertion des cinémas. Cette situation pousse l’industrie cinématographique à se questionner sur les stratégies à mettre en place pour inverser cette tendance préoccupante.
« Les spectateurs désertent les salles de cinéma »
Jérôme Seydoux, le président de Pathé, a exprimé son avis sans détour sur France Inter le 12 octobre, expliquant la baisse de fréquentation des salles de cinéma. En effet, en septembre, seulement 7,3 millions de tickets ont été vendus en trente jours, atteignant ainsi le plus bas niveau depuis 1980, à l’exception de l’année 2020 marquée par la pandémie de Covid-19.
Cette désertion des salles de cinéma met en péril toute une industrie. Une réunion de crise s’est tenue le 6 octobre à l’Institut du monde arabe pour lancer un appel à des Etats généraux et à un grand plan d’urgence pour relancer le cinéma. La crise de la fréquentation affecte l’ensemble de la chaîne de production et d’exploitation des films en France. En effet, les recettes des longs-métrages, provenant des taxes sur les billets, servent au financement du cinéma français. Ainsi, moins d’entrées signifie moins de films produits.
Une nouvelle façon de « consommer »
La pandémie de Covid-19 a profondément impacté le secteur du cinéma, comme de nombreux autres secteurs. Les salles ont été fermées pendant 300 jours en 2020 et 2021, incitant les spectateurs à se tourner vers d’autres moyens d’accès à la culture. Une étude du Centre national du cinéma et de l’image animée a révélé que 38% des spectateurs ont perdu l’habitude d’aller au cinéma, 36% jugent le prix du billet trop élevé, 26% préfèrent regarder des films sur d’autres supports et 23% ne trouvent plus d’intérêt dans les films proposés.
Les plateformes de streaming telles que Netflix, Amazon Prime et Disney+ ont gagné un grand nombre d’abonnés en France entre 2019 et 2021. Cette concurrence impacte directement la fréquentation des salles de cinéma. Certains producteurs soulignent que les plateformes ont pris le pouvoir sur les imaginaires des spectateurs, mettant en lumière la nécessité de repenser la manière de produire et de diffuser les films.
Une surproduction dans l’industrie cinématographique ?
Outre la concurrence des plateformes, d’autres facteurs contribuent à la crise que traverse le cinéma. Certains professionnels estiment que le nombre de films produits en France est trop élevé. Avant la crise sanitaire, environ 300 films sortaient en moyenne chaque année. En 2021, 340 films ont été agréés, ce qui engendre une concurrence féroce et des difficultés pour certains films à trouver leur public.
La diversité de l’offre cinématographique est également remise en question. Certains producteurs soulignent le manque d’originalité et la répétition de certains genres de films, appelant à plus de diversité et d’audace dans les propositions faites au public. Il est nécessaire de renouveler les histoires et de sortir des sentiers battus pour susciter l’intérêt des spectateurs.
Conquérir de nouveau le public perdu
Face à cette crise, une partie de la profession refuse de céder au catastrophisme. Malgré la baisse de fréquentation, certaines salles continuent à attirer un public fidèle. Il est essentiel de ne pas opposer les différents types de films et de salles, mais de favoriser la cohabitation et la diversité. Il est également important de remettre des moyens dans l’éducation cinématographique pour susciter l’intérêt des jeunes générations et les inciter à fréquenter les salles de cinéma.
La question de la représentation et de la diversité est également cruciale dans l’industrie du cinéma. Il est primordial d’écouter les attentes du public et de lui proposer une offre diversifiée et inclusive. Les succès récents de certains films français montrent que la diversité et la qualité peuvent rencontrer un large public, à condition de savoir les mettre en valeur.
En fin de compte, pour relancer l’industrie cinématographique et reconquérir le public perdu, il est nécessaire d’innover, de diversifier l’offre, de favoriser la créativité et d’écouter les attentes des spectateurs. C’est en s’adaptant aux évolutions de la société et en proposant une offre variée et de qualité que le cinéma pourra retrouver son public et sa vitalité.




