Retour prochain en Côte d’Ivoire du tambour parlant Djidji Ayokwe, grâce à un accord avec la France

Restitutions : le "tambour parleur" Djidji Ayokwe bientôt de retour en Côte d'Ivoire à la faveur d'un accord avec la France
          Le tambour, pillé pendant la colonisation, est un outil de communication qui servait, entre autres, à prévenir des dangers, mobiliser pour la guerre ou encore convoquer les villages à des cérémonies.

Autrefois, le tambour était un objet précieux qui avait une fonction essentielle dans la société. Il était utilisé pour transmettre des messages importants, avertir des dangers imminents, rassembler les villageois pour la guerre ou pour des cérémonies spéciales. Malheureusement, lors de la période de colonisation, de nombreux tambours ont été pillés et emportés, privant ainsi les communautés locales de cet outil de communication vital. Sa disparition a eu un impact significatif sur la transmission des traditions et des savoirs ancestraux. Aujourd’hui, certains efforts sont déployés pour retrouver et restaurer ces tambours, afin de préserver ce patrimoine culturel unique et de renouer avec cette forme traditionnelle de communication.

Un accord pour le retour d’un tambour pillé pendant la colonisation

Les autorités françaises et ivoiriennes ont signé un accord le lundi 18 novembre pour permettre le retour en Côte d’Ivoire, « dans les prochains mois », d’un tambour important de l’art musical du pays, qui avait été pillé pendant la colonisation, selon un communiqué conjoint.

Réclamé depuis longtemps par Abidjan, le « tambour parleur » Djidji Ayokwe avait été saisi par l’armée française en 1919 et était conservé dans les collections du musée du Quai Branly à Paris. Les ministres de la Culture des deux pays ont convenu d’entamer le processus de retour de cet objet lors d’une rencontre au ministère de la Culture à Paris.

Le retour du tambour se fera dans les prochains mois, d’abord sous forme d’un dépôt à long terme, selon le communiqué. La ministre ivoirienne de la Culture, Françoise Remarck, a qualifié ce moment d’historique, soulignant une attente de plus d’un siècle. Sa collègue française, Rachida Dati, a également souligné l’importance symbolique de cet événement et a promis de contribuer à la réconciliation en faisant des dons à chaque restitution.

En 2017, le président Emmanuel Macron s’était engagé à accélérer les restitutions des biens coloniaux vers l’Afrique, une promesse concrétisée par le retour au Bénin de 26 œuvres du trésor royal d’Abomey spoliées par l’armée.

En attente d’une loi-cadre pour les restitutions

Actuellement, chaque restitution de biens coloniaux en France nécessite l’adoption d’une loi spécifique pour contourner le principe d’inaliénabilité des collections publiques. Les dépôts à long terme, comme celui convenu le 18 novembre, permettent de contourner cet obstacle. Bien que le président se soit engagé à faire adopter une loi-cadre pour sortir un bien culturel des collections publiques françaises sans passer par une loi, ce texte reste à l’état de projet.

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Une proposition de loi spécifique pour le « tambour parleur » ivoirien a été déposée au Sénat français pour permettre sa restitution complète à Abidjan. Les autorités françaises et ivoiriennes espèrent une adoption rapide de ce texte. Ce tambour, pièce centrale de l’art musical des Ébriés en Côte d’Ivoire, était utilisé pour prévenir des dangers, mobiliser pour la guerre ou convoquer les villages à des cérémonies.

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