Quel sera l’avenir des conducteurs de camions de marchandises ? Avec le départ à la retraite de nombreux chauffeurs routiers, les entreprises de transport font face à des difficultés pour embaucher et garder les nouveaux arrivants.
Problème d’attractivité persistant dans le transport routier de marchandises
Le problème d’attractivité dans le transport routier de marchandises n’est pas nouveau. Les départs massifs à la retraite ont incité les fédérations professionnelles à réagir. Une enquête menée auprès de 1200 personnes formées à la conduite en 2019 a révélé que près de 8 sur 10 exercent toujours le métier de chauffeur cinq ans plus tard. Cependant, 22% ont démissionné au moins une fois et 11% ont changé de voie.
Les irritants du métier de conducteur
Les conditions de travail sont au cœur des préoccupations. Les difficultés liées à la manutention sont souvent évoquées. Valérie Dequen, déléguée générale de l’AFT, souligne que les chauffeurs sont parfois déçus de devoir charger et décharger les marchandises chez les clients, une réalité peu mise en avant pendant la formation. Certains se plaignent également d’être mal accueillis dans les entrepôts et de devoir travailler sous pression constante. Des organisations patronales militent pour que les chauffeurs soient déchargés de ces tâches, jugées pénibles.
En France, un débat est en cours avec les syndicats pour améliorer les conditions de travail des chauffeurs, à l’image de ce qui a été décidé en Espagne il y a deux ans.
Meilleure conciliation entre vie privée et vie professionnelle
Les jeunes générations de chauffeurs expriment le besoin d’une meilleure conciliation entre vie privée et vie professionnelle. Ils souhaitent des plannings prévisibles, des trajets moins longs pour rentrer chez eux plus fréquemment, voire des livraisons près de leur domicile. Ces demandes, qui n’étaient pas prises en compte il y a quelques années par la Fédération nationale du transport routier, sont désormais prises très au sérieux par le secteur.
Des formations visant à modifier les pratiques managériales ont été mises en place, et des expérimentations pour améliorer les conditions de travail des chauffeurs seront menées en 2025 en Bretagne et en Nouvelle-Aquitaine.




