Selon les conclusions de l’étude menée par L’Autre Cercle en collaboration avec l’Ifop et rendue publique jeudi, une grande majorité des employé(e)s estiment que leur entreprise est accueillante envers la communauté LGBT+. Cependant, des lacunes persistent et demeurent encore présentes, créant ainsi des zones d’incertitude et de manque de visibilité pour certaines personnes.
Évolution positive de l’acceptation des personnes LGBT+ au travail en France
En France, en 2024, une étude réalisée par le baromètre LGBT+ | L’Autre Cercle x Ifop a révélé une évolution positive de l’acceptation des personnes LGBT+ au travail. En effet, six personnes LGBT+ sur dix sont désormais visibles auprès de leurs collègues, ce qui représente une progression de dix points en six ans. Cette amélioration de l’ambiance au travail concernant les questions liées à l’orientation sexuelle ou l’identité de genre montre que le climat professionnel n’a jamais été aussi progressiste.
Par exemple, neuf employés sur dix soutiennent l’accès aux droits parentaux pour leurs collègues ayant eu un enfant via une GPA, même s’ils ne sont pas les parents biologiques. En général, 77% des salariés estiment que leur organisation est bienveillante envers la communauté LGBT+. Cependant, comme l’explique Catherine Tripon, porte-parole de l’Autre Cercle, il y a des nuances dans cette évolution. La visibilité des personnes LGBT+ se fait d’abord auprès de quelques collègues de confiance, sans être encore totalement visible pour tous. Malgré tout, une progression est constatée.
Les insultes homophobes persistent
Cette tendance positive se reflète également dans la diminution des violences physiques à l’encontre des personnes LGBT+ (passant de 14% à 10% en trois ans) ainsi que des discriminations en matière de rémunération (16%) ou de recrutement (15%), qui ont diminué de deux points. Cependant, les insultes homophobes restent fréquentes, avec 53% des salariés LGBT+ déclarant en avoir déjà été victimes. Dans 40% des cas, les personnes concernées n’ont pas parlé de ces moqueries ou propos vexants à qui que ce soit. Catherine Tripon souligne que ces propos sont devenus banalisés au point de ne plus être perçus comme choquants. En comparaison, seuls 34% des répondants considérés comme hétérosexuels ont remarqué ces propos, alors que plus de la moitié des répondants LGBT+ en ont été témoins.
Le baromètre met également en lumière des difficultés rencontrées par les employés transgenres et non-binaires, qui sont 35% à signaler des traitements inégaux liés à leur orientation sexuelle ou identité de genre. De plus, plus d’un tiers de ces personnes ont été agressées sur leur lieu de travail, neuf points de plus que les employés LGBT+. Par ailleurs, 21% des salariés non-LGBT+ ressentent un malaise face au coming out d’un collègue transgenre, contre seulement 6% en cas de coming out gay, bisexuel ou lesbien. Il est donc nécessaire de poursuivre les efforts de sensibilisation et d’éducation concernant les personnes transgenres et non-binaires, afin de lutter contre les discriminations auxquelles elles font face.
Méthodologie : L’étude Ifop pour L’Autre Cercle a été réalisée par questionnaire en ligne auprès d’un échantillon national représentatif de 8 997 salariés résidant en France métropolitaine, ainsi que d’un échantillon de 43 252 salariés travaillant dans 83 organisations signataires de la Charte d’Engagement LGBT+ de L’Autre Cercle, entre janvier et février 2024.




