Nouveautés et incertitudes pour la rentrée scolaire : groupes de besoins, brevet obligatoire, évaluations des élèves
La rentrée scolaire s’annonce pleine de changements pour les élèves qui reprennent le chemin de l’école lundi. En effet, de nombreuses réformes ont été annoncées, mais leur mise en œuvre reste incertaine en raison de l’incertitude politique liée à la prochaine élection. Parmi les sujets brûlants de cette rentrée, on retrouve la mise en place des groupes de besoins pour les élèves en difficulté, l’obligation du brevet des collèges et les évaluations nationales des élèves. Ces mesures suscitent de nombreuses interrogations et inquiétudes parmi les acteurs de l’éducation, qui attendent des réponses claires de la part des autorités compétentes.

Groupes de besoins, brevet obligatoire, évaluations des élèves... Les dossiers brûlants de la rentrée scolaire
          Plusieurs nouveautés attendent les élèves qui font leur rentrée lundi, mais des inconnues subsistent, en raison de réformes annoncées, dont l'application dépendra d'un futur gouvernement.

De nombreux changements sont prévus pour les élèves qui reprennent l’école lundi, mais il reste encore des incertitudes en raison des réformes annoncées. Ces réformes ne pourront être mises en œuvre que par un gouvernement à venir, ce qui laisse planer le doute sur l’avenir de l’éducation.

Nicole Belloubet ne veut pas que les horaires des salles de classe soient synchronisés avec ceux du Palais Bourbon. Lors de sa conférence de presse de rentrée, la ministre de l’Éducation nationale démissionnaire a abordé les défis de la rentrée scolaire, marquée par de nombreuses nouveautés et incertitudes, le lundi 2 septembre.

L’attente de la nomination d’un gouvernement complet ainsi que des réformes annoncées mais mises en attente, comme celle du brevet des collèges, pose problème. D’autres réformes, telles que la création de groupes de besoins en 6e et 5e, doivent être mises en œuvre mais suscitent la méfiance de la communauté éducative. La crise d’attractivité du métier d’enseignant persiste, avec un grand nombre de postes non pourvus aux concours de l’enseignement. Franceinfo revient sur les enjeux sensibles de cette rentrée.

### Des groupes de besoins déjà critiqués

La répartition des élèves en trois groupes distincts en français et mathématiques en 6e et 5e est au cœur des débats de cette rentrée. Cette mesure, issue de la réforme du « choc des savoirs », suscite de vives critiques de la part des syndicats d’enseignants et de certaines associations de parents. L’objectif affiché est d’élever le niveau de tous les élèves dans ces matières essentielles, mais de nombreux acteurs craignent que cela ne favorise pas la mixité sociale et scolaire. Certains redoutent que les élèves en difficulté se sentent stigmatisés et ne progressent pas dans un groupe homogène.

Cette organisation pose également des défis concrets pour les chefs d’établissement, notamment en termes d’emploi du temps et de moyens nécessaires pour assurer un professeur par groupe. Les syndicats expriment des doutes quant à la mise en œuvre de cette réforme.

### De nouvelles évaluations à l’origine d’une grève

Les évaluations nationales sont désormais généralisées à tous les niveaux de l’école élémentaire. Trois syndicats enseignants ont appelé à la grève pour dénoncer cette mesure, estimant qu’elle ne sera pas bénéfique pour les enseignants ni pour les élèves. Ils critiquent le manque d’utilité de ces évaluations et mettent en garde contre les conséquences néfastes sur la liberté pédagogique.

### Une réforme du brevet en suspens

L’obligation d’obtenir le diplôme national du brevet (DNB) pour entrer au lycée, prévue par le gouvernement précédent, est actuellement suspendue. L’incertitude persiste quant aux modalités d’évaluation du brevet. Les enseignants et les chefs d’établissement regrettent le manque de directives claires pour l’examen de fin d’année scolaire. La réforme du brevet est également critiquée dans sa forme actuelle. Le Snes-FSU soutient le mode de notation 60/40 proposé par le ministère depuis 2016, mais il refuse que le DNB devienne un couperet.

D’autres projets du gouvernement Attal sont en suspens : la refonte des programmes de la petite section au CE2 et la labellisation des manuels scolaires. Leur mise en place dépendra des décisions du prochain gouvernement. Il en va de même pour plusieurs expérimentations lancées cette année. Les classes prépa-seconde, une sorte de sas entre le collège et le lycée pour les recalés du brevet, sont testées dans une centaine d’établissements et pourraient être généralisées à la prochaine rentrée. L’interdiction des téléphones portables, expérimentée dans environ 200 établissements, pourrait également devenir la norme partout dès janvier. La réforme de la formation initiale des enseignants, prévue pour renforcer l’attractivité du métier à partir de la rentrée 2025, est également à l’arrêt.

La crainte persistante du non-remplacement des enseignants est un problème récurrent, avec plus de 3 000 postes non pourvus aux concours du premier et du second degré, selon le ministère. Comme les années précédentes, l’enjeu de cette rentrée est d’assurer la présence d’un enseignant devant chaque classe dès le premier jour et sur la durée. Nicole Belloubet a déclaré que « nous étions tout proches de l’atteinte de nos objectifs de 100% de couverture du besoin en enseignants » à la réouverture des académies.

À LIRE  Livraison des premières écoles de "Marseille en grand" fin 2021, plan complet d'ici 2032 selon Sabrina Agresti-RoubacheLors de son intervention sur le plateau des "4 Vérités" de France 2 le mercredi 8 mai, Sabrina Agresti-Roubache, secrétaire d’État chargée de la Citoyenneté et de la Ville, a précisé les avancées du plan "Marseille en grand". Elle a annoncé que les premières écoles du projet seraient livrées d'ici la fin de l'année 2021, et que l'ensemble du plan serait réalisé d'ici 2032.Cette initiative vise à améliorer la qualité de vie des habitants de Marseille en rénovant les infrastructures éducatives de la ville. Sabrina Agresti-Roubache a souligné l'importance de ce projet pour l'avenir de la jeunesse marseillaise, en offrant des conditions d'apprentissage optimales.Elle a également rappelé que le plan "Marseille en grand" ne se limite pas seulement à la rénovation des écoles, mais englobe également d'autres aspects tels que la rénovation urbaine, la valorisation du patrimoine ou encore le renforcement de la cohésion sociale dans les quartiers prioritaires.Sabrina Agresti-Roubache a insisté sur l'engagement du gouvernement à mener à bien ce projet ambitieux, qui contribuera à transformer en profondeur la ville de Marseille et à offrir de meilleures perspectives d'avenir à ses habitants.

Grégoire Ensel, vice-président de la FCPE, a dénoncé le fait qu’il y ait environ 1 000 annonces sur France Travail pour trouver des enseignants à la veille de la rentrée. Sophie Vénétitay a souligné en conférence de presse qu’entre 2018 et 2023, de plus en plus de professeurs manquaient, et pour des durées de plus en plus longues. Selon le Snes-FSU, la durée moyenne de vacance d’un poste non pourvu est désormais de 28 jours. En avril, l’État a été condamné à indemniser des parents d’élèves pour les heures perdues à cause du non-remplacement de professeurs dans l’académie de Versailles.

Pour pallier ces manques, il sera essentiel de se pencher sur les moyens mis à disposition. Nicole Belloubet a reconnu que le projet budgétaire envoyé par Matignon à son ministère ne répondait pas à l’ensemble des besoins et a appelé le futur gouvernement à inverser la tendance s’il souhaite maintenir une réelle ambition pour cette priorité nationale.

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