Depuis sa performance remarquée dans le dernier film de Boris Lojkine lors du Festival de Cannes, le comédien amateur a suscité l’admiration du public. Son talent a été récompensé par plusieurs prix, notamment celui du meilleur acteur, décerné lors de cet événement prestigieux.
Abou Sangare, un jeune Guinéen résidant à Amiens, est au cœur du film « L’Histoire de Souleymane », qui sort en salles le mercredi 9 octobre. Malgré trois refus de titre de séjour, le préfet de la Somme a demandé un réexamen de sa situation, lui laissant un espoir de régularisation.
En 2023, Abou Sangare, étudiant en mécanique et bénévole dans une association d’éducation populaire, est repéré pour un casting par le réalisateur Boris Lojkine, à la recherche de jeunes Guinéens pour son film. Abou, âgé de 23 ans, raconte avoir passé un entretien rapide avant d’être rappelé pour un nouvel essai à Paris, où il a su impressionner le réalisateur par sa capacité à incarner son personnage.
Né en Guinée, Abou Sangare a quitté son pays en tant qu’apprenti mécanicien pour venir en aide à sa mère malade. Après un périple à travers le Mali, l’Algérie, la Libye, la Méditerranée et l’Italie, il arrive à Paris en 2018 à l’âge de 16 ans. Par la suite, il se rend à Amiens après avoir été conseillé de quitter Paris, où il a été confronté à des difficultés.
Le film raconte l’histoire de Souleymane, un jeune Guinéen vivant à Paris en tant que livreur à vélo, préparant sa demande d’asile. Abou Sangare a dû se mettre dans la peau de ce personnage en devenant lui-même livreur pendant deux semaines pour comprendre au mieux son rôle. Le film, présenté à Cannes en mai, a remporté le Prix du jury, et Abou Sangare a reçu le Prix d’interprétation masculine pour sa performance.
Malgré les défis auxquels il est confronté, Abou Sangare garde espoir et continue de se battre pour sa régularisation. Après un refus de titre de séjour confirmé par le tribunal administratif d’Amiens en juillet 2024, le préfet a demandé un réexamen de sa situation en raison de son parcours d’intégration. Abou Sangare aspire à pouvoir reprendre son métier de mécanicien et à poursuivre sa carrière d’acteur, mais sa situation administrative reste un obstacle. Tant qu’il n’aura pas obtenu ses papiers, il ne pourra pas envisager pleinement son avenir, laissant le réalisateur du film, Boris Lojkine, avec un sentiment d’inachèvement.




