Les entreprises sont confrontées à de nombreuses situations liées à la religion en milieu professionnel. Que ce soit à travers le port de vêtements ou de bijoux religieux, la demande de congés pour des fêtes religieuses, ou encore le souhait de pratiquer sa religion en priant pendant la pause ou les heures de travail, ces questions posent souvent des défis aux employeurs. En effet, avec la montée en puissance du fait religieux au sein des entreprises, il est devenu essentiel pour les employeurs de trouver des moyens de gérer ces situations de manière respectueuse et équitable pour tous les employés.
La religion s’invite de plus en plus dans le monde de l’entreprise.
Les chiffres issus du dernier baromètre sur le fait religieux en entreprise sont éloquents. Cette année, 25 000 cadres et managers ont été interrogés, et 71% d’entre eux ont détecté la présence de faits religieux dans leur environnement de travail, à des degrés divers. Il s’agit du plus haut niveau enregistré depuis la création du baromètre en 2013.
Les manifestations religieuses les plus fréquemment observées sont le port visible de signes religieux, les demandes d’aménagement du planning pour des cérémonies ou des rituels, les comportements discriminatoires envers les femmes, ainsi que la prière pendant les pauses.
Bien que toutes les religions soient concernées, c’est l’islam qui arrive en tête des faits religieux signalés, suivi par le catholicisme, les cultes évangéliques et le judaïsme.
Cela fait 10 ans que le fait religieux progresse en entreprise, comment les directions le gèrent-elles ?
Dans la plupart des cas, le fait religieux ne pose pas de problèmes organisationnels dans les entreprises privées, qui ne sont pas soumises au principe de neutralité comme dans le secteur public. Cependant, de plus en plus d’entreprises déploient des outils pour prévenir les situations de dysfonctionnement.
Par exemple, certains salariés refusent des tâches pour des raisons religieuses, refusent de travailler avec des femmes ou prient pendant leur temps de travail, des cas minoritaires mais en augmentation. Depuis l’affaire Baby-Loup en 2016, les entreprises privées ont le droit de restreindre la liberté religieuse pour des raisons de sécurité ou de bon fonctionnement.
Cette année, 40% des entreprises ont prévu des dispositions dans leur règlement intérieur, 19% ont une charte ou un guide, et 23% proposent des formations.
Cela reste assez peu, quand même ?
Peut-être, mais ces chiffres progressent chaque année, souligne Hugo Gaillard, maître de conférences à l’université du Mans, spécialisé dans la régulation du fait religieux en entreprise. Selon lui, « les organisations qui clarifient leur position à travers une diversité d’outils (règlements, chartes, formations…) sont celles qui rencontrent le moins de difficultés. Cela permet également de soutenir les managers qui sont en première ligne, parfois démunis ».
Cependant, il reste encore des progrès à faire. Selon le baromètre, la moitié des cadres interrogés ne connaissent pas la politique de leur entreprise en matière de fait religieux.




