Le mois de décembre pourrait marquer la finalisation de l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur, malgré la vive opposition des agriculteurs envers ce traité de libre-échange. Alors que le gouvernement et les syndicats envisagent des ajustements, la Confédération paysanne maintient son refus catégorique et inébranlable.
Plus de 600 parlementaires français expriment leur opposition à l’accord UE-Mercosur
Plus de 600 parlementaires français, qu’ils soient députés, sénateurs ou parlementaires européens, ont signé une tribune publiée dans Le Monde le mardi 12 novembre pour exprimer leur opposition à l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur. Selon eux, cet accord ouvrirait la porte à une concurrence déloyale pour les agriculteurs français, en raison de normes moins restrictives en Amérique du Sud, ce qui pourrait poser un risque sanitaire pour les consommateurs. De plus, l’exportation de voitures, machines et produits pharmaceutiques de l’UE profiterait principalement à des pays comme l’Allemagne, l’Espagne et le Portugal, laissant la France isolée et mettant en péril les agriculteurs.
Opposition des syndicats agricoles et mobilisation contre l’accord
Face à cet accord, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs ont appelé à la mobilisation à partir du lundi 18 novembre, organisant des rassemblements pour protester contre le traité de libre-échange entre l’UE et le Mercosur. La Confédération paysanne s’est également engagée dans cette lutte, participant à diverses manifestations à Bruxelles et à Paris. Contrairement aux autres syndicats, la Confédération paysanne refuse catégoriquement tout accord de libre-échange, comme l’explique sa porte-parole Laurence Marandola, agricultrice en Ariège.
La mobilisation de la Confédération paysanne s’inscrit dans une longue histoire de lutte contre ce type d’accords, remontant notamment à la mobilisation contre le McDo à Millau en 1999. Les actions symboliques menées par le syndicat visent à dénoncer l’absurdité de cet accord de libre-échange, mettant en lumière les conséquences dévastatrices qu’il pourrait avoir sur l’agriculture française.
Des conséquences néfastes pour l’agriculture française
Selon Laurence Marandola, l’accord UE-Mercosur met en péril de nombreuses filières agricoles françaises en ouvrant la porte à une concurrence déloyale. Si certains secteurs pourraient bénéficier de cet accord, comme les spiritueux, les produits laitiers ou l’huile d’olive, il n’en reste pas moins que les accords de libre-échange passés n’ont pas toujours profité aux agriculteurs français. En effet, les multinationales ont souvent été les seules à bénéficier de ces échanges, sans que cela se traduise par une amélioration des conditions pour les producteurs locaux.
Une contestation politique et citoyenne
La contestation contre l’accord UE-Mercosur ne se limite pas aux agriculteurs, puisque l’ensemble des politiques français s’opposent également à sa signature. Emmanuel Macron a exprimé son désaccord, rejoignant ainsi les 600 parlementaires ayant écrit à Ursula von der Leyen pour exprimer leurs réserves. Cette mobilisation politique reflète les inquiétudes des agriculteurs et de la société civile face aux conséquences potentiellement désastreuses de cet accord.
Des revendications claires pour un commerce équitable
La Confédération paysanne exige du gouvernement français un refus catégorique de l’accord UE-Mercosur, sans possibilité d’aménagements. Pour le syndicat, il est crucial de protéger l’agriculture française et de garantir des règles équitables pour les échanges commerciaux. Plutôt que de signer des accords de libre-échange préjudiciables, il est nécessaire de mettre en place des mécanismes de régulation et de protection pour garantir la pérennité des exploitations agricoles.
En définitive, la mobilisation contre l’accord UE-Mercosur met en lumière les enjeux cruciaux qui entourent les accords de libre-échange et souligne la nécessité de privilégier des échanges commerciaux justes et équitables pour tous.




