Selon le spécialiste en langues, le dictionnaire actuel, qui compte 59 000 mots, est considéré comme dépassé.
Remise du Dictionnaire de l’Académie française à Emmanuel Macron
Après près de quarante années de travail, la neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie française a été officiellement remise à Emmanuel Macron le jeudi 14 novembre. Cet ouvrage a suscité des controverses et des critiques, notamment de la part de Médéric Gasquet-Cyrus, linguiste à l’université d’Aix-Marseille, co-auteur de l’ouvrage « Va voir dans le dico si j’y suis » aux éditions de l’Atelier et membre du Collectif des linguistes atterrés.
Une critique de l’obsolescence du dictionnaire
Médéric Gasquet-Cyrus souligne que ce dictionnaire, bien qu’ayant un intérêt historique, n’est pas adapté à un usage contemporain. Il met en avant le manque de mots courants et actuels, comme ceux présents dans le Wiktionnaire qui propose 400 000 entrées. Selon lui, le processus de création du dictionnaire de l’Académie française est obsolète et ne permet pas de suivre l’évolution rapide de la langue.
Un outil linguistique dépassé
Le linguiste souligne l’absence de nombreux termes modernes dans le dictionnaire de l’Académie française, ce qui le rend inadapté à une utilisation quotidienne. Il critique le manque de méthodes d’observation et de critères clairs dans le processus de sélection des mots à inclure. Il pointe également du doigt le conservatisme de l’ouvrage, illustré par des définitions parfois dépassées.
Les limites du dictionnaire de l’Académie française
Médéric Gasquet-Cyrus recommande aux jeunes désireux d’enrichir leur vocabulaire de se tourner vers d’autres dictionnaires plus adaptés à la langue contemporaine, tels que le Larousse, le Robert ou le Wiktionnaire. Il souligne que malgré la récente féminisation des noms de métiers, le dictionnaire de l’Académie française reste conservateur et peu en phase avec les évolutions linguistiques actuelles.
Des pistes d’amélioration pour l’Académie française
Le linguiste estime que l’Académie devrait se concentrer sur des projets plus pertinents, comme l’amélioration de l’orthographe française. Il propose de revoir et d’actualiser les règles orthographiques pour les rendre plus cohérentes. Selon lui, des linguistes seraient prêts à travailler sur ces questions, mais l’Académie n’a ni les moyens ni les compétences pour mener à bien de telles réformes.




