Enfants à la rue : témoignages du quotidien difficile des familles à Lyon

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    "Je me sentais comme une mère incapable" : à Lyon, le quotidien difficile des familles à la rue, alors que 2 000 enfants dorment dehors en France
          Selon le baromètre "enfants dans la rue", publié par l'Unicef et la Fédération des acteurs de la solidarité, plus de 2 000 enfants dorment dehors, à quelques jours de la rentrée scolaire.

D’après le baromètre « enfants dans la rue », réalisé conjointement par l’Unicef et la Fédération des acteurs de la solidarité, le constat est alarmant : plus de 2 000 enfants se retrouvent contraints de dormir dans la rue, seulement quelques jours avant la reprise des cours.

A l’heure de la rentrée scolaire, plus de 2 043 enfants dorment dehors en France

Le baromètre « enfants dans la rue », publié par l’Unicef et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), montre une augmentation du nombre d’enfants sans-abri en France. Parmi les régions les plus touchées, l’Auvergne-Rhône-Alpes est particulièrement concernée. Des familles lyonnaises ont témoigné de leur quotidien difficile lorsqu’elles étaient sans-abri.

Avant d’être hébergés par le collectif Solidarité entre femmes à la rue, Miloud, Raouia et leurs deux enfants ont vécu des nuits difficiles en dormant dehors. Miloud se souvient d’un incident où un inconnu a tenté d’entrer dans leur tente. Il raconte : « Il a ouvert la tente, il a voulu dormir avec nous, à 1 heure ou 2 heures du matin. Heureusement, je l’ai poussé et j’ai refermé la tente. J’ai parlé un peu avec lui et il s’est calmé. »




Miloud, Raouia et leurs deux enfants dormaient à la rue avant d'être accueillis dans l'immeuble du collectif Solidarité entre femmes à la rue. (MATHILDE ANSQUER / RADIO FRANCE)

Dans le même immeuble, Déborah raconte son expérience de plusieurs mois passés sous une tente avec ses deux enfants. Le plus difficile pour elle était de répondre aux questions de sa fille de 5 ans, qui comparait leur situation à celle de ses amis qui avaient une maison. Elle se sentait impuissante et cela lui faisait mal au cœur.

Aujourd’hui, Déborah a un toit, mais l’immeuble est occupé illégalement par le collectif. Elle craint donc de se retrouver à nouveau à la rue avec ses enfants.

Il faut « que tout le monde intervienne »

A Lyon, certaines mamans ont connu des difficultés cet été. La Métropole met à l’abri les femmes enceintes et les mères seules avec des enfants de moins de trois ans. Cependant, elle accueille également des familles qui ne relèvent pas de ses compétences. Mi-juillet, la Métropole a suspendu temporairement les nouvelles prises en charge.

Le président de la Métropole, Bruno Bernard, explique : « On prend en charge de nouvelles personnes à peu près tous les mois sur la métropole de Lyon, y compris du public qui n’est pas départemental, sans aucune aide et sans qu’il ne se passe rien. Nous avons tout essayé : des discussions avec l’État, on a eu des engagements de ministre, il ne s’est rien passé. Donc, nous, nous disons qu’il faut que tout le monde intervienne. »

« Il faut absolument avoir une politique nationale digne de ce nom et que chaque collectivité, et je pense aux départements voisins, prenne sa part. »

Bruno Bernard, président de la métropole de Lyon

à franceinfo

En attendant, la préfecture constate une augmentation du nombre de familles demandant l’aide de l’État, ce qui a conduit à resserrer les critères de prise en charge.

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