Après avoir pris connaissance des conclusions de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), la procureure de La-Roche-sur-Yon a décidé d’ouvrir une enquête.
Une enquête ouverte sur les pratiques de l’entreprise Geslin
La société des œufs Geslin, établie à Chauché (Vendée), fait l’objet d’une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour falsifications et tromperies, a révélé France Bleu Loire Océan mardi 23 avril, selon le ministère de l’Économie. L’entreprise Geslin qualifie ces pratiques d’anciennes. Elle vend des ovoproduits (produits dérivés des œufs) aux industriels de la biscuiterie.
Les constats de la DGCCRF
Selon un communiqué du ministère de l’Économie, les ovoproduits sont des ingrédients sensibles sur le plan microbiologique dont la qualité bactériologique doit respecter la réglementation en vigueur, les critères microbiologiques établis par le fabricant dans le cadre de son analyse de risque ainsi que les critères imposés par les utilisateurs industriels. Cependant, l’enquête de la DGCCRF a identifié plusieurs problèmes, tels que des résultats d’analyses minimisant la charge bactérienne de certains lots d’ovoproduits et une communication trompeuse concernant des labels de qualité, l’origine des œufs, leur fraîcheur ou le mode d’élevage des poules.
Le producteur d’œufs Geslin est également accusé d’avoir vendu des blancs d’œufs liquides présentés comme purs alors qu’ils contenaient en réalité un mélange d’additifs, indique le communiqué du ministère. Plusieurs contrôles sur place ont été effectués depuis et le parquet a été saisi en mars dernier, selon France Bleu Loire Océan.
La DGCCRF a transmis ses conclusions au parquet de La Roche-sur-Yon. Selon le communiqué du ministère, les pratiques observées, préjudiciables aux clients industriels du groupe Geslin et, par extension, aux consommateurs, pourraient être qualifiées de falsifications et de tromperies, sous réserve de l’appréciation de l’autorité judiciaire.
L’enquête concerne des pratiques héritées du passé, qui ne sont plus en vigueur dans l’entreprise, affirme Geslin à France Bleu Loire Océan. La nouvelle direction est en place depuis le 1ᵉʳ janvier 2016 et a mis en œuvre des actions correctives telles que la structuration de l’encadrement de l’entreprise, la mise en place de contrôles qualité sur les lignes de production et la modernisation de l’outil de fabrication. Les produits du groupe ont été reconnus pour leur qualité depuis 2020 par de nombreux audits clients, le renouvellement des certifications de qualité (FSSC 22000) et des contrôles mensuels par des laboratoires externes et indépendants.
Déjà pointée du doigt en 2017
Des analyses sont en cours pour décider des suites de l’enquête. La DGCCRF rappelle que la falsification et la tromperie sont des délits passibles de peines d’emprisonnement et d’amendes pour les personnes physiques et morales. L’entreprise Geslin, fondée en 1973 et employant environ 200 salariés, avait déjà été critiquée en 2017 par l’association L214 pour les conditions d’élevage des poules.




