Le tournoi de tennis australien se distingue des autres compétitions majeures en termes de finances. En effet, il génère moins de revenus grâce aux droits de diffusion télévisée et aux prestations d’accueil, ce qui l’a poussé à diversifier ses sources de financement.
Lorsque le public se rend à l’Open d’Australie, ce n’est pas seulement pour assister à des matchs de tennis. En effet, à Melbourne Park, l’objectif est de divertir les spectateurs. Surnommé l’Australian summer ou le Happy Slam, ce tournoi australien ne porte pas ces appellations par hasard. En plus des nombreux bars et restaurants présents dans l’enceinte sportive, de nombreuses activités sont proposées aux visiteurs.
Entre les courts, on trouve des espaces dédiés au tennis de table ou au turnball (sport de raquettes). Le Topcourt, situé à l’extrémité ouest du stade, est entièrement consacré à ces « expériences fans ». En dehors du tennis, on peut également trouver des stands mettant en avant les dernières tendances en matière de mode et de beauté, ainsi que des DJ sets. Les terrains de padel et de mini-basket sont également très populaires. Des conférences sur le tennis, des cours de danse et des concours de sosies sont organisés, tandis qu’une démonstration de voltige a ravi les spectateurs lors de l’ouverture des portes.
« Tout est fait pour les familles, avec un côté amusant et festif. Sans toutes ces activités, il y aurait bien moins de monde », affirme Luc, un habitué du tournoi. Amber, une habitante de Geelong, vient pour la première fois avec ses jumeaux, profondément endormis dans la poussette. « J’aime l’ambiance ici, et avec les enfants, il y a beaucoup de choses à faire pour y passer la journée. Car on ne peut pas les emmener toute la journée sur les courts », explique cette jeune maman, qui prévoit de passer plus de temps à profiter des animations qu’à regarder les matchs.
Chaque jour, sur l’une des places centrales du site, plusieurs artistes se succèdent sur une petite scène installée à proximité d’un écran géant, de poufs et de tables hautes colorés. Les groupes proposent des mélodies douces le matin et des rythmes plus festifs en fin de journée. Certains soirs, une « brochette de stars », principalement australiennes, se produit sur la Rod Laver Arena, avant la night session, afin d’offrir « encore plus de valeur ajoutée aux fans », selon les organisateurs. Cette année, la programmation des spectacles d’avant-match à la Rod Laver Arena est la plus importante jamais réalisée et apportera encore plus d’excitation, d’ambiance et de divertissement à l’Open d’Australie », s’est réjoui Craig Tiley, directeur du tournoi.
Chaque jour, des artistes se relaient pour offrir une musique du matin jusqu’au soir sur l’une des grandes places du site. Pour ajouter une touche de détente, le court numéro 6 a désormais un bar avec une vue imprenable sur le court. Les spectateurs se pressent sous les parasols, sur les canapés à rayures blanches et bleues ciel, situés juste derrière la rambarde du court, pour assister aux matchs.
Certains spectateurs, cocktails et bières à la main, sont même plus proches du terrain que le public assis en tribune. L’atmosphère est festive, et la musique accompagne les matchs. Certains spectateurs sont moins disciplinés, mais l’ensemble crée une ambiance unique. Certains apprécient ce nouveau concept, comme Julia qui fait le déplacement chaque année depuis Sydney et se réjouit de cette atmosphère décontractée.
L’objectif de Craig Tiley est de faire du court numéro 6 un nouveau lieu d’attraction et d’en faire le « party court » de l’Open d’Australie. L’Open d’Australie est un tournoi de tennis majeur qui se déroule chaque année et qui a su se démarquer par son ambiance unique et ses caractéristiques particulières. En 2024, lors de son inauguration, le directeur du tournoi a souligné l’importance de l’expérience des spectateurs et a exprimé sa volonté d’étendre ce modèle à l’avenir.
Les joueurs, quant à eux, ont des avis partagés sur cette atmosphère. Si certains d’entre eux parviennent à se concentrer malgré le bruit ambiant, d’autres avouent être parfois perturbés. Varvara Gracheva, par exemple, a dû s’adapter lors de son premier match sur ce court et a souligné l’importance du respect pour le jeu malgré la proximité du public et du bar.
Chaque Grand Chelem a sa propre identité et apporte une culture spécifique à son tournoi, selon François Thomazeau, écrivain et ancien chef de presse à Roland-Garros. Les Australiens, par exemple, ont une approche plus décontractée et festive du sport, reflétant ainsi l’état d’esprit du pays.
L’Open d’Australie mise sur l’attrait du public et sur le volume de spectateurs pour son succès, contrairement à Wimbledon et Roland-Garros qui privilégient une approche plus traditionnelle et haut de gamme. Ce tournoi se distingue par son ambiance de parc d’attractions et de festivals, offrant de nombreuses activités en extérieur et mettant en avant l’aspect touristique de l’événement.
Malgré un marché plus restreint que les autres Grands Chelems, l’Open d’Australie a su tirer son épingle du jeu en proposant un modèle économique adapté à sa situation géographique. Pour compenser le manque de droits télé et les contraintes logistiques, le tournoi a dû innover en termes de programmation et d’organisation.
En investissant dans des infrastructures telles que le toit rétractable de la Rod Laver Arena, l’Open d’Australie montre sa volonté de rester compétitif malgré les défis économiques auxquels il est confronté. Cette capacité d’adaptation et d’innovation est essentielle pour assurer la pérennité et le rayonnement de ce tournoi emblématique. Le tournoi de tennis de l’Open d’Australie est l’un des quatre tournois du Grand Chelem dans le monde du tennis. Il se déroule chaque année à Melbourne Park, à Melbourne, en Australie. Ce tournoi est l’un des plus prestigieux du circuit professionnel et attire les meilleurs joueurs et joueuses du monde entier.
L’Open d’Australie est organisé par Tennis Australia, qui est l’instance dirigeante du tennis en Australie. C’est l’un des seuls tournois du Grand Chelem à être dépendant de l’Etat de Victoria, qui investit massivement dans l’événement. En effet, le tournoi est considéré comme le fer de lance de l’Océanie et est une vitrine pour le continent.
En plus du soutien financier de l’Etat de Victoria, l’Open d’Australie cherche également à attirer un public asiatique. En effet, l’Asie est un continent proche de l’Australie et le tournoi vise à augmenter son exposition dans cette région. Cette stratégie permettrait de continuer à faire croître le tournoi et d’attirer de nouveaux spectateurs.
Il est intéressant de se demander si ce modèle, où un tournoi dépendant d’un Etat investit massivement pour devenir une référence régionale voire mondiale, pourrait devenir la norme pour toutes les compétitions sportives à l’avenir. L’Open d’Australie pourrait bien être en train de poser les bases d’un nouveau modèle économique pour les événements sportifs internationaux.




