La prolongation du couvre-feu dans certaines zones de Fort-de-France a été décidée pour durer jusqu’au matin de jeudi.
Appel à l’apaisement en Martinique
Serge Letchimy, président du conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique, a exprimé le besoin d’apaisement lors de son intervention sur franceinfo le mardi 24 septembre. Selon lui, il est urgent d’agir et d’obtenir des réponses claires de la part de l’État. Il insiste sur l’importance de faire appliquer la loi sur la maîtrise des coûts et des prix en supprimant les marges excessives.
Le préfet de la Martinique a annoncé lors d’une conférence de presse ce mardi que l’ordre avait été rétabli sur l’île après des tensions liées à un mouvement contre la vie chère. Le couvre-feu partiel nocturne, instauré le 18 septembre dans certains quartiers de Fort-de-France et du Lamentin, a été prolongé jusqu’à jeudi matin.
Serge Letchimy constate une tension importante dans le mouvement en cours en Martinique. Il souhaite le retour au calme dans les quartiers les plus agités et demande que les revendications soient prises en compte. Il estime nécessaire des réponses rapides et urgentes pour contraindre les distributeurs, les transporteurs CMA CGM et ceux qui réalisent des bénéfices excessifs sur les prix. Il souligne que les hausses de prix dépassent les seuils acceptables, entraînant une vie chère qui mène à la misère.
Un projet de plafonnement des prix
Serge Letchimy, en collaboration avec le préfet, propose un système de plafonnement des prix sur 54 familles de produits de première nécessité pendant trois ans, ce qui concernerait environ 6 000 produits. Il suggère que cela soit réalisable en annulant le taux d’octroi de mer, une taxe douanière instaurée en 1670 en Martinique. Il insiste sur le poids de cette fiscalité et demande l’arrêt des marges excessives dans les secteurs du transport et de la distribution. De plus, il souhaite que l’État fasse des efforts en matière de transport dans le cadre de la continuité territoriale.
Il dénonce un système économique postcolonial qui arrive à son terme et réclame plus d’autonomie alimentaire. Il souligne que 80% des produits consommés en Martinique sont importés, ce qui n’est plus acceptable. Il prône une priorité à la production locale pour sortir de la logique d’importation massive. La CGT de la Martinique appelle à une grève illimitée jeudi et une réunion avec la grande distribution est prévue à cette occasion.




