Impact sous-estimé du réchauffement climatique sur santé travailleurs viticoles

L’impact du réchauffement climatique sur la santé des travailleurs est sous-estimé dans la filière viticole
          La viticulture est l’un des secteurs en première ligne face au réchauffement climatique. Si la filière met en place des actions pour protéger la production et la qualité du vin, la prise en compte des impacts sur la santé des gens de la vigne reste collectivement sous les radars. Pourtant ils sont bien réels.

L’industrie du vin est particulièrement touchée par les effets du changement climatique. Malgré les mesures mises en place pour préserver la production et la qualité des vins, les conséquences sur la santé des travailleurs du secteur restent souvent négligées. Pourtant, ces effets sont bien présents et méritent d’être pris en considération.

Il ne suffit plus de porter un chapeau et de boire de l’eau pour travailler dans les vignes, selon une nouvelle étude nommée CLISEVE. Cette étude, réalisée par l’agence RSE Croissance bleue, le laboratoire Lapa-Research, en partenariat avec la CFDT Agri-Agro et le soutien de BPIfrance, révèle que les effets du changement climatique sur la santé des travailleurs de la filière viticole sont bien plus importants que prévu.

La première phase de l’étude a interrogé 263 professionnels de la vigne, dont 129 vignerons, sur leur perception du réchauffement climatique et ses impacts sur leur santé. La deuxième phase, menée cet été pendant les vendanges en Champagne et dans le Bordelais, a interrogé 338 salariés saisonniers français et étrangers.

Les résultats montrent que les effets du changement climatique vont au-delà des simples coups de chaleur. En effet, 8 personnes sur 10 ressentent des symptômes physiques, parfois multiples. Les saisonniers souffrent principalement de maux de tête, vertiges, nausées, vomissements, et certains ont même été témoins de collègues s’évanouissant. De plus, l’utilisation accrue de pesticides en raison du réchauffement climatique entraîne des problèmes de peau, tandis que la prolifération d’insectes vecteurs de maladies accroît les risques infectieux.

Quant aux vignerons, l’imprévisibilité climatique provoque surtout du stress, touchant plus d’un tiers d’entre eux. Pour 6% des vignerons, la santé mentale est gravement affectée, nécessitant une prise en charge urgente. Enfin, un tiers des vignerons et des saisonniers souffrent de déshydratation, mettant en lumière le problème d’accès à l’eau, notamment pour les saisonniers.

Selon Caroline Véran, fondatrice de Croissance bleue, si la filière viticole ne prend pas en compte ces enjeux, sa pérennité pourrait être menacée. En effet, 85% des saisonniers pourraient renoncer à travailler dans les vignes en raison des conditions de travail dégradées par le changement climatique. Près de la moitié des vignerons envisagent également de faire de même d’ici 5 ans. Il est donc crucial d’engager un dialogue social, de travailler sur la prévention des risques liés à la santé climatique, d’établir des règles collectives et de définir des normes sociales pour améliorer la situation.

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L’étude CLISEVE a été présentée lors de l’événement « Quel impact du changement climatique sur le travail » au Cese.

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