Il y a un mois, plusieurs femmes ont rendu publiques des accusations contre l’abbé Pierre. Selon France Inter, une information a été révélée concernant un dossier interne déposé à l’association Emmaüs. Ce dossier vise à débaptiser le centre en Normandie qui porte le nom de l’abbé Pierre. Il faudra attendre plusieurs semaines avant que la décision soit prise.
Un dossier interne déposé pour débaptiser le centre Abbé-Pierre Emmaüs d’Esteville
Une source proche du dossier a révélé à France Inter qu’un dossier avait été déposé en interne au sein de l’association Emmaüs pour débaptiser le centre Abbé-Pierre Emmaüs d’Esteville, en Seine-Maritime. Ce centre, lieu de mémoire dédié à l’icône de la lutte contre le mal-logement, est au cœur d’une polémique suite à la publication d’un rapport mettant en lumière des violences sexuelles perpétrées par l’abbé Pierre sur au moins sept femmes.
Le centre Abbé-Pierre Emmaüs d’Esteville fermé symboliquement
Depuis le scandale qui a éclaté le 17 juillet après les accusations d’agressions sexuelles portées contre l’abbé Pierre par plusieurs femmes, le centre a décidé de fermer symboliquement ses portes « jusqu’à nouvel ordre ». Une affiche sur la porte annonce cette fermeture pour une « durée indéterminée » et exprime la solidarité de l’équipe avec toutes les victimes de violences sexuelles.
France Inter a rapporté que le centre ne rouvrira pas dans sa forme actuelle. Une proposition a été faite en interne pour débaptiser le centre et le transformer en un lieu dédié à la recherche sur la lutte contre la misère et l’exclusion. La décision finale devrait prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, selon la même source.
« Tout est resté tel quel »
Malgré la fermeture du site, une salariée est toujours présente sur place, entourée de livres, d’affiches et de cartes postales à l’image de l’abbé Pierre. Elle décrit l’endroit comme une « capsule temporelle » où « tout est resté tel quel » et avoue ne pas savoir quoi faire puisque le site est fermé au public.
Le scandale a éclaté avec la publication d’un rapport indépendant le 17 juillet, commandé par Emmaüs et la Fondation Abbé-Pierre. Plusieurs femmes ont témoigné et accusé le prêtre d’agressions sexuelles entre la fin des années 1970 et 2005. L’affaire a été un véritable choc car l’abbé Pierre, figure emblématique de la lutte contre la précarité, était considéré comme une icône en France. Décédé en janvier 2007, il était longtemps resté la personnalité préférée des Français, engagé pour les sans-abri et les mal-logés.




