Le travail à distance a des répercussions sur les différentes régions de France, comme le révèle une étude récente réalisée par France Stratégie.
Impact du télétravail sur les écosystèmes régionaux
Jusqu’à présent, les études sur le télétravail se concentraient principalement sur le profil des télétravailleurs, l’impact psychologique ou la gouvernance de l’entreprise. Cependant, les recherches menées par France Stratégie et l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable, publiées le vendredi 15 novembre, se penchent sur l’impact du travail à distance sur les écosystèmes régionaux : mobilité, transports, logement, transactions immobilières, etc.
L’un des premiers impacts observés concerne les transports collectifs. Entre 2019 et 2023, ces derniers ont enregistré une baisse d’activité de 15%, notamment pour les RER en région parisienne. En ce qui concerne l’utilisation de la voiture, les habitudes et le nombre de kilomètres parcourus dans la semaine n’ont pas changé. Les salariés interrogés ont donc réduit l’utilisation des transports en commun pour les trajets domicile-travail, mais ont continué à privilégier leur voiture pour d’autres activités telles que les loisirs ou la consommation. L’effet du télétravail s’est également fait ressentir sur le transport aérien, avec une diminution du nombre de navettes sur des liaisons comme Paris-Toulouse, passant de trois à deux millions entre 2019 et 2023, en raison de l’essor des visioconférences.
Une influence sur le marché immobilier
Pendant la pandémie de Covid-19 et les périodes de confinement, l’exode des urbains vers les régions et les zones rurales a été largement évoqué. Selon France Stratégie, la crise sanitaire n’a fait qu’accentuer un mouvement de migration déjà en cours, les habitants des villes optant de plus en plus pour la vie à la campagne. Ce phénomène avait débuté avant la crise et les confinements ont simplement accéléré le processus.
Le télétravail a clairement contribué à influencer le marché immobilier. Les cadres qui déménagent, seuls, en couple ou en famille, de la ville vers la campagne, renforcent la demande dans certaines régions. Cette tendance engendre des besoins en logements supplémentaires, mais aussi une exigence accrue en termes d’espace et de confort pour pouvoir télétravailler. Cela a un impact direct et inattendu sur l’immobilier d’entreprise dans les grandes agglomérations comme la région parisienne. Moins de cadres au bureau signifie moins de mètres carrés nécessaires pour les entreprises, avec une réduction de 20 à 30% des besoins en espace total. Ces changements ont des répercussions sur la construction et les prix immobiliers, révélant progressivement les conséquences cachées du télétravail.




