Colère de la maire de Poitiers après les propos du ministre de l’Intérieur

Fusillade à Poitiers : la maire de la ville exprime "sa colère" après les propos du ministre de l'Intérieur et lui demande de "rétablir la vérité"
          Léonore Moncond'huy estime que les propos de Bruno Retailleau ont servi "à une instrumentalisation" de l'image de sa ville.

Selon Léonore Moncond’huy, maire de Poitiers, les déclarations de Bruno Retailleau ont été utilisées de manière opportuniste pour manipuler l’image de sa commune.

La réaction de la maire de Poitiers après la fusillade

La maire écologiste de Poitiers, Léonore Moncond’huy, a exprimé sa colère suite aux déclarations du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau concernant la fusillade survenue dans la nuit du jeudi 31 octobre au vendredi 1er novembre, qui a causé la mort d’une personne et blessé quatre autres. Lors de son intervention sur France Bleu Poitou le lundi 4 novembre, elle a demandé au ministre de rétablir la vérité.

« Pas besoin d’en rajouter »

La polémique a éclaté lorsque le ministre de l’Intérieur a évoqué une rixe impliquant « 400 à 600 personnes », alors qu’en réalité, seulement « 40 à 60 personnes » étaient présentes sur les lieux selon une source policière. Léonore Moncond’huy a critiqué cette erreur en soulignant que les informations erronées ont contribué à une déformation de la réalité du quartier et de la ville, alimentant un discours alarmiste et populiste.

La maire a également rencontré la famille de l’adolescent de 15 ans décédé lors de la fusillade, qui était bouleversée par le traitement médiatique de l’affaire. Elle a déploré le fait que la jeunesse des quartiers soit souvent stigmatisée, soulignant que dans ce cas précis, l’adolescent était innocent et se trouvait simplement au mauvais endroit au mauvais moment.

Appel à un rectificatif du ministre

Léonore Moncond’huy a appelé le ministre de l’Intérieur à rectifier ses propos et à rétablir la vérité, soulignant que les amalgames induits par ses déclarations étaient inacceptables et contribuaient à une vision négative de la jeunesse des quartiers. Elle a également critiqué le discours sécuritaire basé sur la peur, généré par ces déclarations.

Concernant l’annonce du ministre sur le risque de « mexicanisation » du pays en raison des narcotrafics, la maire a précisé que cette vision ne correspondait pas du tout à la réalité de Poitiers. Enfin, elle a annoncé la réouverture prochaine du commissariat des Couronneries, quartier où s’est déroulée la fusillade, suite à la confirmation du préfet concernant le début des travaux dans les prochaines semaines.

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