Cinq officiers jugés pour « homicide involontaire » pompier décédé dans incendie Gabian Hérault

Mort d'un pompier dans l'incendie de Gabian dans l'Hérault : cinq officiers seront jugés en correctionnelle pour "homicide involontaire"
          Quatre pompiers ont été envoyés lutter contre un incendie dans un véhicule qui n'était plus aux normes à l'été 2016. Ils n'ont pas pu s'y réfugier. Trois d'entre eux ont été grièvement blessés, le quatrième a succombé. La hiérarchie avait pourtant été plusieurs fois avertie par écrit des dysfonctionnements du matériel.

En été 2016, quatre pompiers ont été mobilisés pour éteindre un incendie à bord d’un véhicule non conforme aux normes de sécurité. Malheureusement, ces pompiers n’ont pas pu se mettre à l’abri dans le véhicule et ont été gravement blessés lors de l’intervention. Tragiquement, l’un d’entre eux n’a pas survécu à ses blessures. Il est à noter que la hiérarchie avait été prévenue à plusieurs reprises, par écrit, des problèmes techniques rencontrés avec le matériel de lutte contre l’incendie.

Cinq officiers, dont l’ancien numéro un des pompiers de l’Hérault, sont renvoyés devant le tribunal correctionnel pour « homicide involontaire » après la mort d’un pompier dans l’incendie de Gabian (Hérault) il y a huit ans. C’est ce qu’a appris France Bleu Hérault vendredi 11 octobre auprès de l’avocat de la mère de la victime, Me Luc Abratkiewicz. Le 10 août 2016 dans l’après-midi, quatre pompiers se sont retrouvés piégés dans leur camion au milieu d’un gigantesque incendie. Le feu a pris naissance d’un mégot de cigarette jeté dans un fossé le long de la RD 13 à Gabian, avec un vent soufflant à 15-20 km/h.

Les pompiers auraient dû être protégés par la cabine du camion-citerne, qui aurait dû les protéger des flammes grâce à des systèmes de protection tels que de l’eau envoyée tout autour du véhicule pour former une bulle. La cabine aurait également dû être étanche aux fumées pour préserver l’air respirable. Cependant, aucun de ces systèmes n’a fonctionné et la radio était également hors service.

Plusieurs notes avaient alerté sur le matériel défectueux. Malgré cela, les quatre pompiers ont préféré s’échapper. Trois d’entre eux ont été grièvement brûlés et le quatrième, Jérémy Beier, âgé de 24 ans, a succombé à ses blessures un mois et demi plus tard. Les dysfonctionnements avaient été signalés à plusieurs reprises au moyen de notes écrites, avec au moins sept signalements durant l’été 2016, dont le dernier seulement quatre jours avant le drame.

La hiérarchie était informée des problèmes mais le véhicule, qui n’était plus aux normes depuis plusieurs années, a tout de même été utilisé. Il est reproché à la hiérarchie de ne pas avoir donné l’ordre d’évacuer la zone dangereuse à temps et de ne pas avoir répondu aux demandes de largages aériens. L’enquête est désormais close et les cinq prévenus sont notamment poursuivis pour « homicide involontaire ».

La date du procès n’est pas encore fixée. Le Sdis, le service départemental d’incendie et de secours, a bénéficié d’un non-lieu dans le volet pénal de cette affaire. Cependant, le tribunal administratif de Montpellier l’a condamné à indemniser les victimes à hauteur de 877 000 euros au total.

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