Les Français commencent à craindre une augmentation du chômage, après une période de baisse inédite ces dernières années. Alors que le président avait fixé l’objectif du plein emploi d’ici 2027, le contexte économique international semble moins favorable en 2025, laissant présager une tendance à la hausse du chômage.
Des plans sociaux massifs menacent des emplois en France
Des entreprises renommées telles que Michelin, Auchan et Valeo annoncent des plans sociaux d’envergure à la fin de l’année 2024. Cette vague de suppressions d’emplois inquiète, avec des estimations divergentes : la CGT parle de 300 000 postes menacés, tandis que l’OFCE table sur 150 000 destructions d’emplois. La réalité se situe probablement entre les deux chiffres, mais une chose est certaine : l’avenir de l’emploi est sombre.
Après une période de création d’emplois suite à des années de chômage de masse, la France semble désormais faire face à un retournement de situation. En 2017, François Hollande renonce à se représenter en raison de difficultés à inverser la courbe du chômage, malgré sa politique de l’offre. Son successeur, Emmanuel Macron, poursuit une politique pro-business en baissant les impôts sur les sociétés, en adoptant la loi Pacte, en réformant l’apprentissage et l’assurance-chômage, ainsi qu’en assouplissant le marché du travail.
Un contexte international défavorable
La conjoncture internationale jouait un rôle important, avec le Brexit qui permettait à la France de récupérer des emplois, en plus d’attirer des entreprises étrangères venant d’Italie ou d’Allemagne. Même en période de crise, notamment pendant la pandémie de covid, la France a su éviter une forte hausse du chômage grâce à des aides massives, ce qui a permis la création de plus d’un million et demi d’emplois. Cependant, depuis l’été 2024, la disparition progressive des aides Covid et l’instabilité politique ont freiné les investissements des entreprises.
Le contexte international s’est également tendu, avec une concurrence accrue des États-Unis et de la Chine dans des secteurs clés comme l’automobile. Les fermetures d’usines et de sous-traitants se multiplient, accentuant la pression sur l’emploi. Dans le secteur du bâtiment, la fédération anticipe plus de 150 000 postes en moins en 2025, tandis que d’autres secteurs subissent des destructions d’emplois plus discrètes.
Sans réelles politiques publiques d’emploi et face à des prévisions pessimistes de la Banque de France et de l’Insee pour 2025, le taux de chômage risque de remonter autour de 8%. Une situation qui suscite des inquiétudes quant à l’avenir du marché de l’emploi en France.




