SoftBank, une entreprise technologique japonaise, a annoncé son intention d’investir cent milliards de dollars aux États-Unis au cours des quatre prochaines années, suite à une promesse faite à Donald Trump. Ce montant colossal suscite des interrogations en Europe, où il est perçu comme étant excessif. Comment peut-on interpréter cette décision de SoftBank et quelles en seront les conséquences ?
Un investissement majeur de SoftBank aux États-Unis
Cela démontre l’attrait croissant des États-Unis avant même l’entrée officielle en fonction du président élu en janvier 2025 à la Maison-Blanche. Fondée en 1981, la SoftBank Corporation est une société d’investissement japonaise qui est aujourd’hui présente dans tous les grands opérateurs téléphoniques nationaux et internationaux, y compris le portail YahooBB, la porte d’entrée du géant américain Yahoo au Japon. Le groupe n’en est pas à son premier investissement : lors de l’élection de Trump en 2016, SoftBank avait déjà investi 50 milliards de dollars dans des sociétés américaines. Il poursuit désormais son offensive.
Intérêt pour Donald Trump, intérêt pour Tokyo
Pour le président américain, il s’agit de démontrer que l’Amérique est attractive par rapport à d’autres régions du monde, notamment la Chine et l’Europe qui, avec ses divisions internes persistantes et son manque de stratégie commune en matière industrielle, perd de son influence.
SoftBank est principalement un géant technologique spécialisé dans l’Intelligence Artificielle. Le conglomérat japonais prévoit actuellement de développer un supercalculateur utilisant des puces fabriquées par l’américain NVidia. Cet investissement de cent milliards de dollars aux États-Unis (environ 95 milliards d’euros) devrait également permettre de créer 100 000 emplois sur le sol américain. Cela profitera à la politique sociale de Trump qui, en parallèle, promet aux entreprises de importantes réductions d’impôts.
Le Japon cherche également à tirer son épingle du jeu. Tokyo vise à retrouver son statut de grande puissance technologique pour faire face au vieillissement préoccupant de sa population. De leur côté, les entreprises américaines Microsoft, Amazon et Google promettent d’investir massivement dans l’IA au Japon. Il existe donc un intérêt mutuel bien senti entre Washington et Tokyo, laissant l’Europe, confrontée à des problèmes politiques, contrainte à regarder passer les opportunités.




