Augmentation des arrêts-maladies chez les fonctionnaires en 2022

Le nombre d’arrêts-maladies chez les fonctionnaires a augmenté par rapport aux salariés en 2022. Cette tendance inédite peut s’expliquer en partie par les caractéristiques propres aux agents publics.

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          En 2022, les fonctionnaires se sont davantage absentés que les salariés. Une réalité nouvelle, peut-être ponctuelle, qui s'explique en grande partie par le profil des agents publics.

En 2022, on a observé une augmentation des absences parmi les fonctionnaires par rapport aux salariés. Cette tendance inédite pourrait être temporaire et elle est principalement due au profil spécifique des agents de la fonction publique.

Le ministre de la Fonction publique, Guillaume Kasbarian, a mis en avant l’urgence de lutter contre l’absentéisme au sein de la fonction publique. Il a récemment dévoilé les mesures d’économie qu’il souhaite mettre en place, notamment en réduisant la prise en charge des arrêts maladie des fonctionnaires et de leurs collègues contractuels.

Selon le ministre, les fonctionnaires s’absentent en moyenne 14,5 jours par an, contre 11,6 jours pour les salariés du secteur privé, creusant ainsi un écart au fil des années. Pour remédier à cette situation, Guillaume Kasbarian souhaite aligner le régime de la fonction publique sur celui du secteur privé en termes de délai de carence et de rémunération des absences pour raisons de santé.

Ces chiffres sont issus d’un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) et de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), soulignant un écart de 2,8 jours entre le public et le privé. Cependant, ce décrochage est relativement récent, survenant principalement entre 2020 et 2022, notamment en raison de la crise sanitaire.

Les absences varient également selon les différentes branches de la fonction publique, avec des niveaux plus élevés dans la fonction publique hospitalière et territoriale. L’âge moyen des agents, la féminisation du personnel et la nature des postes occupés expliquent en grande partie cet écart d’absentéisme.

En outre, l’IGF et l’Igas soulignent que les conditions de travail et l’exposition aux risques professionnels pourraient également jouer un rôle dans cet écart. Les syndicats mettent en avant les suppressions de postes, les restructurations permanentes et le manque de moyens matériels comme facteurs aggravants de l’absentéisme au sein de la fonction publique.

Ainsi, la lutte contre l’absentéisme ne se résume pas à des mesures ponctuelles, mais nécessite une approche globale prenant en compte les conditions de travail et les spécificités des différents secteurs de la fonction publique. Le ministre Guillaume Kasbarian a déclaré être prêt à aborder cette question, en proposant des « mesures d’accompagnement » concernant notamment « les conditions de travail ». Il a souligné que ces sujets sont tout aussi importants que la réduction de la prise en charge des arrêts maladie, lors d’une intervention mardi sur RTL.

La question des arrêts maladie injustifiés est également abordée, notamment en ce qui concerne les arrêts de complaisance délivrés à des personnes qui ne sont pas réellement malades, selon les déclarations de l’ancien ministre des Finances Bruno Le Maire en juin 2023. Aucune donnée fiable ne permet de quantifier ces abus ni de déterminer leur prévalence par secteur.

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Guillaume Kasbarian refuse de parler d’arrêts de confort et suggère que l’alignement du délai de carence sur le privé, c’est-à-dire les trois premiers jours d’arrêt de travail non pris en charge par la Sécurité sociale, pourrait dissuader les personnes abusant des arrêts maladie. Il affirme que l’instauration d’un jour de carence a eu des effets positifs lorsqu’il a été mis en place dans le passé.

Selon un rapport de l’Igas et de l’IGF, l’introduction du jour de carence a permis une réduction significative de la prévalence des arrêts maladie de moins de trois et quatre jours, entraînant des économies importantes. Cependant, aucun effet notable n’a été observé sur les arrêts de moins de deux jours ou de plus de trois, quatre, cinq, six ou sept jours.

L’Insee a également conclu en 2017 que le jour de carence avait entraîné une baisse importante des absences de deux jours dans la fonction publique d’Etat, mais une augmentation des absences entre une semaine et trois mois. Il a posé la question de l’efficacité sanitaire de cette mesure, soulignant que certains agents pourraient hésiter à s’arrêter de travailler pour se soigner, ce qui pourrait conduire à des arrêts plus longs. Il reviendra aux parlementaires de décider de l’avenir de cette mesure lors du vote du budget.

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