Au CHU d’Amiens, situé dans la Somme, se trouve un service spécialisé qui se distingue par son unicité en France. Le Dr Sylvain Chamot y exerce et y accueille quotidiennement des patients issus du milieu agricole, des jardiniers ou encore des fleuristes, tous souffrant de maladies liées à leur exposition aux produits phytosanitaires. Ces consultations, délicates et complexes, sont au cœur d’un reportage qui met en lumière les enjeux de santé publique liés à l’utilisation de ces substances chimiques.
Le Dr Sylvain Chamot du CHU d’Amiens (Somme) interroge deux de ses patients, dont un agriculteur atteint de leucémie, pour établir un lien éventuel entre leur activité professionnelle et leur maladie. Pendant une heure et demie, il questionne l’agriculteur sur ses pratiques agricoles, les produits utilisés et évalue son exposition aux pesticides. Les questions posées par le médecin peuvent parfois bouleverser les patients.
Certains patients ressentent de la culpabilité, comme une agricultrice diagnostiquée avec un cancer, qui exprime sa difficulté à accepter que sa maladie puisse être liée à l’utilisation de pesticides. Son dossier doit être examiné par le Fonds des victimes de pesticides pour déterminer si une indemnisation est possible.
Le Dr Chamot réalise environ cinquante consultations d’agriculteurs par an et s’intéresse également aux cas d’expositions prénatales aux pesticides, bien qu’il n’ait reçu que sept patientes jusqu’à présent. Il suspecte que les cas soient plus nombreux.
Diverses sources sont mentionnées, telles que le rapport d’activité du fonds d’indemnisation des victimes de pesticides, le rapport de la commission d’enquête sur l’incapacité de la France à atteindre les objectifs de maîtrise des impacts des produits phytosanitaires, le résumé du rapport de l’inspection des Affaires sociales sur le nombre de victimes potentielles liées aux pesticides, un article de France 3 sur la création du service pesticides et pathologies pédiatriques, un reportage de France Culture sur le travail du Dr Chamot, ainsi que des extraits de tableaux des maladies professionnelles sur le cancer de la prostate et le cancer d’Antoine Lambert.
Il ressort de cet article que la question de la responsabilité des agriculteurs dans leur propre maladie est complexe et que les consultations médicales visant à établir un lien entre l’activité professionnelle et la maladie peuvent être éprouvantes pour les patients.




