Le conseil départemental a sollicité François Bayrou pour qu’il émette un décret instaurant l’état d’urgence, dans le but de faire face aux défis sécuritaires consécutifs à la catastrophe naturelle. Malgré cela, il est important de souligner que ce cadre juridique ne permet pas de mobiliser des ressources matérielles et humaines supplémentaires.
Mayotte sous couvre-feu après le passage du cyclone Chido
Mayotte s’est réveillé sous couvre-feu le mercredi 18 décembre, suite au passage du cyclone Chido qui a causé des ravages dans l’archipel. Cette mesure a été mise en place pour assurer la sécurité et éviter les pillages, mais certains acteurs locaux la jugent encore insuffisante.
La députée Estelle Youssouffa, membre du groupe Liot, a demandé sur RTL l’état d’urgence pour déployer l’armée afin d’éviter que l’île sombre dans l’insurrection et le chaos. Elle a rapporté des cas de pillages et de rackets, avec des magasins et des maisons visés pour dérober des matériaux de construction. Le paysage de désolation laissé par le cyclone a ajouté à la confusion dans un territoire déjà marqué par une violence chronique.
« L’état d’urgence n’est pas une solution magique »
Contrairement à ce qui est parfois admis, l’état d’urgence ne permet pas de débloquer des ressources humaines ou matérielles, ni d’envoyer des troupes. Il confère des pouvoirs supplémentaires de sécurité publique aux autorités et à l’administration. Nicolas Hervieu, juriste en droit public, souligne que cette mesure ne peut être déclenchée qu’en cas de troubles à l’ordre public.
Un couvre-feu a été instauré de 22 heures à 4 heures, et les pouvoirs du préfet ont été renforcés. Cependant, le président du conseil départemental de Mayotte, Ben Issa Ousseni, a également demandé le déclenchement de l’état d’urgence pour faire face à la montée de la violence et de l’insécurité.
La situation sécuritaire scrutée de près dans les prochains jours
La réaction face à la catastrophe dépendra de l’évolution de la situation sécuritaire dans les jours et semaines à venir. Pour l’instant, des renforts ont été envoyés pour prévenir d’éventuels pillages, sans exclure la possibilité de déclarer l’état d’urgence si la situation se détériore.
Le sénateur Saïd Omar Oili, quant à lui, insiste sur la nécessité de fournir de la nourriture, de l’eau et de l’électricité aux populations affectées avant de discuter de l’état d’urgence. Il souligne l’urgence humanitaire et appelle à ne pas tomber dans le piège d’une surenchère sécuritaire.
En conclusion, la situation à Mayotte reste tendue, avec un suivi attentif de l’évolution sécuritaire dans les prochains jours. Les autorités locales et nationales doivent trouver un équilibre entre la sécurité publique et l’aide humanitaire pour répondre aux besoins urgents de la population.




