Alors que la communication reste compliquée et que l’angoisse persiste pour de nombreuses familles, la communauté mahoraise de La Réunion a décidé de prendre des mesures concrètes.
Il existe des douleurs et des souffrances qui ne sont pas visibles. Assis dans une grande pièce de la délégation de Mayotte à La Réunion, Mohamed Bamcolo pèse ses mots avec précaution. En tant que délégué du 101e département français, qui a été frappé par le cyclone Chido, il est profondément affecté. Sa famille se trouve à Mayotte et seul son fils a pu lui donner quelques nouvelles, trois jours après la catastrophe. Mohamed Bamcolo souligne que, au-delà de leurs fonctions officielles, ils sont avant tout des êtres humains. Comme lui, toute la communauté mahoraise de La Réunion est bouleversée par les images choquantes, l’attente d’informations et le désir d’aider.
Cette solidarité s’est manifestée dans les bureaux de l’antenne du conseil départemental de Mayotte à Saint-Denis. En quelques jours, la préfecture de La Réunion est devenue le centre logistique de la France pour porter secours à Mayotte, située à 1 500 kilomètres de là.
Des couches par dizaines et des packs d’eau par centaines jonchent le sol, entravant la circulation des agents. Le lait pour nourrissons a remplacé les ordinateurs sur les bureaux. Sous les drapeaux de la France, de l’Union européenne et de Mayotte, des sacs de courses remplis de conserves attendent d’être acheminés vers l’archipel.
« Dès le lendemain du passage du cyclone, dimanche 15 décembre, plus d’une centaine d’habitants de La Réunion, principalement issus de la communauté mahoraise, ont afflué vers l’établissement, surnommé ‘La maison de Mayotte' », explique Mohamed Bamcolo. Zaïna Madi, parmi eux, est venue apporter des dons et trouver du réconfort. Elle souligne l’importance du soutien mutuel au sein de la communauté. Ses proches vont bien physiquement, mais sont psychologiquement traumatisés et n’ont plus la force de parler.
Zaïna Madi a tenté de retourner à Mayotte dès l’annonce de la catastrophe, en vain. Elle participe désormais à la collecte organisée dans les locaux du département, acceptant tous les dons, même si les autorités recommandent des dons financiers aux associations reconnues et de matériel de reconstruction aux centres communaux d’action sociale.
À travers le portail bleu de la délégation, l’afflux d’habitants ne cesse pas. Lissilamou Toumbou, président de l’Union des étudiants mahorais de La Réunion, s’active pour préparer l’aide humanitaire en direction de Mayotte, malgré l’absence de nouvelles d’une partie de sa famille.
Fayadhui Ousseni, un jeune salarié de l’association Agathe, a livré une cargaison d’eau et d’aliments à Mayotte. Il relate la situation difficile de sa mère et de ses proches à Mayotte, soulignant la nécessité d’aider l’île à se reconstruire.
Depuis le passage du cyclone, l’association Agathe a redoublé d’efforts pour venir en aide à Mayotte. Sa présidente, Adèle Brial, réfléchit à établir une antenne sur place pour participer à la reconstruction à long terme. Les Mahorais insistent sur l’importance de reconstruire Mayotte et de ne pas l’oublier après la catastrophe, qui a touché l’île à plusieurs reprises.




