Fragments du jubé de Notre-Dame exposés au musée de Cluny

Au musée de Cluny, des fragments du jubé de Notre-Dame exposés pour la première fois
          Erigé vers 1230, le jubé, une tribune en pierre ornée de statues, formait une clôture entre le chœur et la nef où se trouvaient les fidèles.

Construit aux alentours de l’an 1230, le jubé était une structure en pierre richement décorée de statues. Son rôle principal était de séparer le chœur réservé aux clercs des fidèles présents dans la nef de l’église.

Le musée de Cluny à Paris expose pour la première fois des fragments du jubé de Notre-Dame, une découverte archéologique majeure faite lors de la reconstruction de la cathédrale. Ces fragments, datant du XIIIe siècle, sont au cœur de l’exposition intitulée « Faire parler les pierres. Sculptures médiévales de Notre-Dame », ouverte jusqu’au 16 mars 2025.

Le jubé, une tribune en pierre ornée de statues érigée vers 1230, avait été détruit au XVIIIe siècle. Seuls une quinzaine de fragments de sculptures avaient été retrouvés lors des travaux de restauration dirigés par Eugène Viollet-le-Duc au XIXe siècle.

Les fouilles préventives menées sur le chantier de reconstruction après l’incendie de la cathédrale en 2019 ont permis de retrouver un millier de fragments, dont 700 polychromes. Cependant, d’autres fragments, qui n’étaient pas dans le périmètre du chantier, restent encore sous Notre-Dame.

Les fragments de sculptures du XIIIe siècle exposés au musée de Cluny montrent la finesse et la beauté de l’artisanat médiéval. Les couleurs vives et les dorures sont exceptionnelles, mais fragiles. Les archéologues travaillent actuellement à stabiliser l’ensemble des fragments avant de commencer un travail de recherche qui permettra notamment une reconstitution en 3D du jubé.

Le musée de Cluny a également lancé un programme d’étude et de restauration de ses propres pièces provenant de Notre-Dame, dont certaines n’avaient pas été examinées depuis 40 ans. Ces sculptures, provenant du décor extérieur de la cathédrale, ont connu des parcours rocambolesques depuis la Révolution française.

La présentation des fragments restaurés des statues du portail de Saint-Anne, retrouvés en 1977, est un exemple de ce travail de restauration et d’étude. Des campagnes d’imagerie scientifique ont permis de révéler des détails insoupçonnés sur ces sculptures.

Le commissaire de l’exposition, Damien Berné, souligne l’importance de ces recherches pour la connaissance des ensembles sculptés de la cathédrale Notre-Dame. Alors que le chantier de restauration de la cathédrale touche à sa fin, il espère que de nouveaux progrès seront réalisés dans les années à venir pour mieux comprendre ce patrimoine exceptionnel.

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