Marseille : Procès drame rue d’Aubagne, habitat insalubre persiste

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    Procès du drame de la rue d'Aubagne : six ans après l'effondrement, l'habitat insalubre perdure à Marseille
          En 2018, l'effondrement de deux immeubles insalubres rue d'Aubagne, à Marseille, a provoqué la mort de huit personnes. Le procès s'ouvre jeudi pour six semaines. Les associations continuent d'alerter sur l'état de certains bâtiments. La municipalité prévoit d'investir, mais cela suffira-t-il ?

En 2018, la tragique effondrement de deux immeubles vétustes situés rue d’Aubagne, à Marseille, a entraîné la perte de huit vies humaines. Aujourd’hui, le procès lié à cette catastrophe s’ouvre et devrait durer six semaines. Malgré cet événement dramatique, les associations restent vigilantes et continuent de signaler les dangers liés à l’état de certains bâtiments. La municipalité a annoncé son intention d’investir dans la rénovation et la sécurisation des logements insalubres, mais reste la question de savoir si ces mesures seront suffisantes pour éviter de nouveaux drames.

Retour dans la rue d’Aubagne à Marseille

Elisabeth La Rocca n’avait pas remis les pieds dans la rue d’Aubagne à Marseille depuis longtemps. Pourtant, la jeune femme habitait juste en face des deux immeubles qui se sont effondrés le 5 novembre 2018. Les victimes étaient ses voisins, qu’elle saluait chaque jour depuis ses fenêtres. Elisabeth se souvient avoir entendu un bruit assourdissant, semblable à un tonnerre proche, suivi de cailloux et de briques.

Ouverture du procès tant attendu

Ce jour-là, huit personnes ont perdu la vie, ensevelies sous les décombres. Après six ans d’attente, le procès s’est ouvert le jeudi 7 novembre pour une durée de six semaines. Il se déroule dans la salle des procès « hors norme » du tribunal judiciaire de Marseille, pouvant accueillir jusqu’à 400 personnes. Seize prévenus comparaissent, parmi lesquels plusieurs copropriétaires, leur syndic, un expert, un ancien adjoint au maire chargé de la lutte contre l’habitat insalubre, et Marseille Habitat, le bailleur social de la ville.

40 000 taudis à Marseille

Ce drame, survenu dans un quartier populaire de Marseille, a mis en lumière l’ampleur de l’habitat insalubre dans la deuxième ville de France, provoquant la colère des habitants. Six ans plus tard, le quartier a-t-il changé ? Kaouther Ben Mohamed, fondatrice de l’association Marseille en colère, continue de traquer les marchands de sommeil. Selon elle, malgré un arrêté de péril pris pour un bâtiment de la rue en décembre 2023, seule un appartement a été évacué alors que tout l’immeuble est jugé dangereux. La municipalité a alloué 12 millions d’euros pour des travaux d’urgence depuis 2020, contre seulement 168 000 euros en 2018. Selon les associations, il reste encore 40 000 taudis à Marseille.

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