Taxe « octroi de mer » alimente colère manifestants en Martinique

Vie chère en Martinique : qu'est-ce que l'"octroi de mer", cette taxe qui alimente la colère des manifestants ?
          Une taxe douanière spécifique s'applique aux importations en Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte et à La Réunion. La Cour des comptes évoque une fiscalité "à bout de souffle".

Dans les départements d’outre-mer tels que la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, Mayotte et La Réunion, il existe une taxe douanière spécifique qui est appliquée aux marchandises importées. La Cour des comptes a récemment souligné que la fiscalité de ces territoires est en difficulté et peine à générer les revenus nécessaires.

Depuis le début du mois de septembre, la Martinique est le théâtre de manifestations contre la vie chère. Un couvre-feu a été instauré dans certains quartiers de Fort-de-France et du Lamentin, et des renforts aux forces de l’ordre ont été annoncés par le préfet. Malgré l’interdiction des manifestations et rassemblements revendicatifs dans certaines communes de l’île, un cortège festif a défilé dans les rues de la préfecture.

Une des plus anciennes taxes douanières françaises, nommée « l’octroi de mer », est au cœur des critiques en Martinique. Créée en 1670, cette taxe s’applique aux importations dans plusieurs territoires ultramarins, avec des taux variables selon les produits. Elle représente près d’un tiers des ressources des communes et a généré 1,64 milliard d’euros de recettes pour les cinq départements et régions d’outre-mer en 2022.

À LIRE  Manifestants mobilisés contre mégabassines dans le Puy-de-Dôme le 11 mai

L’octroi de mer contribue significativement au coût de la vie en faisant gonfler les prix. Les manifestants dénoncent cette taxe comme l’un des facteurs de la vie chère sur l’île et réclament une baisse de son taux. Certains appellent à une autonomie commerciale accrue pour la Martinique, afin de sortir d’un système perçu comme colonial.

En plus de susciter la colère de la population, l’octroi de mer est critiqué pour son instabilité, sa complexité et son manque de transparence. Certains craignent qu’il enferme durablement les territoires ultramarins dans un modèle économique peu favorable.

Retour en haut