La demande de huis clos du parquet était motivée par la nécessité de visionner des vidéos des faits lors du procès. En effet, la publicité des débats aurait été considérée comme dangereuse et aurait porté atteinte à la dignité des personnes impliquées.
La honte doit changer de camp
Un des avocats de la victime a affirmé que « la honte doit changer de camp ». Conformément à la demande de Gisèle Pélicot, la cour criminelle du Vaucluse a décidé de ne pas tenir le procès de Dominique Pélicot, un retraité jugé à Avignon pour avoir drogué son épouse et recruté des dizaines d’inconnus sur internet pour la violer, à huis clos. Cette affaire a duré dix ans et a été révélée au grand jour le lundi 2 septembre.
Des débats publics
Le président de la cour criminelle du Vaucluse a statué que les débats seraient publics, malgré la proposition de huis clos. Gisèle Pélicot, âgée de 72 ans, souhaite que la lumière soit faite sur cette affaire et refuse de se cacher. Ses trois enfants, qui sont également parties civiles, partagent cette position.
Le ministère public avait plaidé en faveur du huis clos en mettant en avant le caractère sensible des preuves, notamment des vidéos des agressions filmées par le mari. Certains avocats des coaccusés, au nombre de 50, avaient également exprimé leur désaccord, soulignant que la publicité des débats pourrait porter atteinte à la dignité des personnes impliquées.
« Il reconnaît ce qu’il a fait »
Ce procès exceptionnel en raison du nombre d’accusés, 51 au total, se tiendra jusqu’au 20 décembre. Le mari avait admis lors de l’instruction qu’il administrait des substances à sa femme pour la faire violer par des inconnus recrutés sur internet. Au total, 92 faits ont été recensés, s’étalant sur une période de dix ans.
L’avocate du mari a déclaré que son client reconnaissait ses actes et qu’il éprouvait de la honte pour ce qu’il avait fait. Elle a évoqué une forme d’addiction dans cette affaire. Les experts ont souligné que la majorité des accusés n’avaient pas de pathologie psychique notable malgré leur implication dans ces agressions.
Gisèle Pélicot, qui n’a aucun souvenir des viols qu’elle a subis pendant une décennie, va revivre ces traumatismes lors du procès. Son avocat a souligné que son client, Dominique Pélicot, est également impliqué dans deux autres affaires de violences sexuelles dans d’autres régions, dont un meurtre à Paris en 1991 et une tentative de viol en Seine-et-Marne en 1999.

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Le parquet avait demandé le huis clos en rappelant que des vidéos des faits seraient "nécessairement visionnées" et que "non seulement la publicité des débats serait dangereuse mais [elle] porterait aussi atteinte à la dignité des personnes".](https://www.viceversamag.com/wp-content/uploads/2024/09/Proces-a-Mazan-les-audiences-publiques-pour-les-viols-1024x575.jpg)


