Xavier de Rosnay et Gaspard Augé ont pris plus de trois ans pour créer cet album, dans lequel ils repoussent encore plus loin les limites de leur créativité. Pendant 50 minutes, ils parviennent à fusionner harmonieusement la pop et les expérimentations sonores, offrant ainsi une œuvre d’art majeure.
Un retour attendu
En vingt ans, Justice n’a sorti que quatre albums, prenant son temps et refusant de se plier à la pression de l’industrie musicale. Cette lenteur relative s’explique par l’exigence du duo parisien et son obsession du détail. Après huit ans d’attente, leur nouvel album, intitulé « Hyperdrama », est enfin disponible depuis le vendredi 26 avril.
Dès les premières notes de ce nouvel opus composé de 13 titres, on reconnaît immédiatement la patte de Justice. Malgré la présence toujours marquée de l’agression et des distorsions, Xavier de Rosnay et Gaspard Augé ont su actualiser leur son tout en faisant des clins d’œil à leur premier album, « Cross ». « Generator » par exemple, rappelle le titre « Genesis », mais dans une version plus riche, intense et épique.
« Hyperdrama » ne se contente pas de dramatiser, il exacerbe les sensations et les sentiments, mêlant euphorie et malaise. Ce projet, sur lequel le duo a travaillé pendant plus de trois ans, explore de nouvelles voies en mêlant pop et expérimentations sonores pendant 50 minutes.
Des invités de marque
Ce quatrième album se distingue par la présence de six invités au micro, tous des voix d’anges. Kevin Parker de Tame Impala prête sa voix divine à deux titres, tandis que d’autres artistes méconnus comme Rimon et The Flints apportent leur touche singulière à l’album. Chaque invité a été intégré dans le processus de création, formant un trio éphémère avec Gaspard et Xavier.
Le morceau « Saturnine » avec la voix de l’Américain Miguel est particulièrement marquant, mêlant le R&B futuriste à la puissance de feu de Justice. La diversité des invités apporte une richesse et une profondeur supplémentaires à l’album.
Un mélange audacieux
« Hyperdrama » propose une grande variété d’ambiances, jonglant entre agressivité et festivité, et embarquant l’auditeur dans un grand huit musical déroutant. Les morceaux sont versatiles, tumultueux, mêlant la brutalité du gabber au sucre du disco, offrant une expérience sensorielle intense.
Les titres instrumentaux réservent également des surprises, allant du rouleau compresseur de « Generator » à l’élégance de « Dear Alan ». L’album explore des territoires inédits, parfois jazz et mélancolique avec « Moonlight Rendez-vous », offrant une expérience musicale riche et variée.
« Hyperdrama » est un album radical, excessif, en constant mouvement entre anxiété et allégresse. À la fois déroutant et captivant, il requiert plusieurs écoutes pour en apprécier toute la complexité. Justice livre ici un opus abouti, qui ne laisse pas indifférent et promet de marquer les esprits.




