En contrepartie de ces sept heures de travail supplémentaires non rémunérées, les sociétés devront s’acquitter d’une augmentation des contributions de solidarité : elles passeront de 0,3% à 0,6% de la masse salariale. Cette décision, qui divise au sein du gouvernement, est loin de faire l’unanimité et suscite des réactions mitigées.
Une nouvelle mesure controversée
Une nouvelle mesure a été adoptée par les sénateurs le mercredi 20 novembre 2024, suscitant des débats et des réactions diverses. Cette mesure rappelle celle de la journée de solidarité instaurée il y a plus de 20 ans, mais cette fois-ci, elle se traduit par 7 heures de travail supplémentaires non rémunérées par an. Cette initiative vise à générer plus de 2,5 milliards d’euros par an pour atténuer le déficit de la Sécurité sociale, qui atteint 18 milliards d’euros en 2024.
Des avis partagés
Le ministre de l’Économie, Antoine Armand, considère que cette idée est pertinente et intéressante. Cependant, la ministre du Travail, Astrid Panosyan Bouvet, émet des réserves en soulignant que quelques heures de travail supplémentaires par an ne suffiront pas à résoudre le problème budgétaire. Selon elle, il est nécessaire de repenser la répartition de l’emploi tout au long de la vie, en favorisant l’insertion précoce des jeunes sur le marché du travail et en encourageant les seniors à prolonger leur activité professionnelle.
Les syndicats, tels que la CFDT et la CGT, rejettent en grande partie cette idée, affirmant qu’il est inacceptable de demander aux travailleurs de travailler plus sans être rémunérés davantage, même pour financer le système social. De leur côté, les entreprises sont également divisées sur la question. Si le patronat réclame depuis longtemps une augmentation du temps de travail des Français, les entreprises redoutent les nouvelles charges financières liées aux 7 heures de travail supplémentaires imposées.
Une mesure en attente de validation
La mesure doit encore être débattue en commission mixte paritaire, réunissant des députés et des sénateurs. Son adoption finale dépendra également de la décision du Premier ministre Michel Barner, dans le cadre de l’élaboration du budget 2025. Cependant, l’utilisation probable de l’article 49.3 pour l’adoption du budget soulève des interrogations, notamment face à la contestation des fonctionnaires, des agriculteurs et des cheminots. La question de la durée du travail occupe de nouveau le devant de la scène dans ce contexte budgétaire tendu.




