D’après le Premier ministre grec qui s’est rendu à Londres, la véritable interrogation ne porte pas sur la possibilité pour les personnes déplacées de retrouver un jour leur lieu de résidence initial, mais plutôt sur le moment où cela se produira.
Londres prêt à restituer les frises du Parthénon à la Grèce
Selon une source gouvernementale grecque, le gouvernement britannique ne s’opposera pas à un éventuel retour des frises du Parthénon en Grèce, à condition qu’un accord soit trouvé avec le British Museum pour régler cette querelle historique. Cette déclaration fait suite à une rencontre entre les Premiers ministres des deux pays, Keir Starmer et Kyriakos Mitsotakis, qui s’est déroulée à Londres le 2 février.
Décision officieuse
Le ministre grec, fervent défenseur du retour de ces trésors archéologiques vieux de 2 500 ans, est convaincu que les marbres du Parthénon reviendront à Athènes. Cependant, il souligne que la résolution de cette question complexe relève de la responsabilité du gouvernement grec et du British Museum, et non du Royaume-Uni.
Les discussions entre les deux Premiers ministres n’ont pas officiellement abordé le contentieux des frises du Parthénon. Downing Street avait en effet précisé que ce sujet n’était pas à l’agenda de Keir Starmer, et que les échanges portaient plutôt sur l’immigration, le soutien à l’Ukraine et un cessez-le-feu à Gaza.
Le gouvernement britannique maintient sa position selon laquelle il n’a pas l’intention de modifier la loi pour permettre le retour des frises à Athènes. Un porte-parole a indiqué que toute décision concernant un éventuel prêt des marbres du Parthénon revenait entièrement au British Museum. De son côté, le chef du gouvernement grec a confirmé que les discussions avec le musée britannique se poursuivaient.
Partenariat culturel
La Grèce souhaite ardemment retrouver son patrimoine et le retour des frises du Parthénon à Athènes constituerait une victoire politique pour le pays. Des discussions avancées ont eu lieu entre les dirigeants grecs et le British Museum pour mettre en place un partenariat culturel. Cet accord pourrait permettre le retour des frises à Athènes en échange d’œuvres majeures envoyées à Londres.
Bien que le gouvernement grec nie toute tractation secrète, il semble que le gouvernement britannique soit plus ouvert à la demande grecque que ne l’était Rishi Sunak, le prédécesseur de Keir Starmer. En effet, ce dernier avait annulé au dernier moment une rencontre avec Kyriakos Mitsotakis, durant laquelle la question des frises du Parthénon aurait dû être abordée.
Pillage ou acquisition légale ?
Depuis des décennies, la Grèce réclame le retour des précieuses frises du Parthénon, détachées du temple au XIXe siècle. Les autorités grecques accusent Lord Elgin, ambassadeur britannique en Grèce, d’avoir orchestré un pillage en 1802. Cependant, Londres affirme que les sculptures ont été acquises légalement par Lord Elgin, qui les a ensuite revendues au British Museum.
Une loi britannique de 1963 interdit au musée d’effectuer des restitutions. Malgré le soutien d’une majorité de Britanniques en faveur d’un retour des frises, certains craignent une cascade de revendications de la part d’autres pays.
Le Parthénon, temple dédié à Athéna, domine l’Acropole d’Athènes depuis le Ve siècle avant J.-C. Le nouveau musée de l’Acropole, inauguré en 2009, a prévu un espace pour accueillir les frises du Parthénon, tandis que celles exposées à Londres ont été remplacées par des moulages.




