D’après les calculs de Proxinvest, la rémunération moyenne des dirigeants des entreprises du CAC 40 est en moyenne 95 fois plus élevée que celle de leurs employés. Cette disparité atteint un niveau record depuis une décennie, à l’exception de l’année 2021 qui a été marquée par la crise sanitaire.
Les rémunérations des grands dirigeants en hausse en 2023
Selon l’étude annuelle du cabinet Proxinvest dévoilée le mardi 12 novembre, les salaires des grands patrons continuent d’augmenter en 2023. Les rémunérations totales des présidents exécutifs des groupes du CAC 40, comprenant les primes, les stock-options ou les parts variables, s’élèvent en moyenne à 7,1 millions d’euros par an, ce qui représente une augmentation de 6% par rapport à l’année précédente.
Un écart croissant avec les salariés
Parallèlement à cette augmentation, l’écart de rémunération entre les dirigeants et leurs salariés se creuse. Le ratio d’équité Proxinvest, qui mesure cette différence, atteint son niveau le plus élevé depuis dix ans, à l’exception de l’année 2021 post-crise sanitaire. En moyenne, cet écart est désormais 95 fois supérieur, bien que des variations existent selon les entreprises. En 2022, l’écart était de 1 à 90, alors qu’il n’était « que » de 1 à 74 en 2014.
Bernard Charlès de Dassault Systèmes en tête du classement
Sur les 7,1 millions d’euros de rémunération moyenne des présidents exécutifs des groupes du CAC 40, moins de 20% correspondent à un salaire fixe, le reste étant constitué de parts variables, de primes, de stock-options ou d’actions gratuites. Proxinvest souligne des pratiques de gouvernance jugées non conformes aux normes françaises et européennes, citant notamment le cas d’attributions d’actions au patron du groupe de communication Publicis, dont la majorité ne dépend pas de performances.
D’après le classement de Proxinvest, le dirigeant le mieux rémunéré est Bernard Charlès de Dassault Systèmes, avec près de 47 millions d’euros de rémunération totale en 2023, dont 44 millions proviennent de la valeur estimée des actions qui lui ont été attribuées. La directrice de Solvay, Ilham Kadri, se classe deuxième avec 23 millions d’euros, dont 12 millions proviennent d’une prime exceptionnelle sans condition de performance, ce que déplore Proxinvest.
Carlos Tavarès de Stellantis complète le podium avec 17,8 millions d’euros. Ce montant est en réalité bien inférieur aux données communiquées par le groupe automobile. D’autres dirigeants perçoivent des rémunérations nettement plus basses, 18 d’entre eux étant même en dessous du seuil fixé par Proxinvest comme rémunération maximale acceptable, soit 5,6 millions d’euros par an.




