Regarder la Ligue 1 illégalement : fonctionnement et conséquences juridiques

Ligue 1 : Telegram, IPTV... On vous explique le fonctionnement et les conséquences juridiques de ces pratiques illégales pour regarder du foot
          Face aux prix pratiqués par les diffuseurs, de plus en plus de consommateurs se tournent vers des méthodes illégales pour suivre les rencontres de Ligue 1.

De nos jours, de plus en plus de consommateurs optent pour des moyens illégaux afin de regarder les matchs de Ligue 1, en raison des tarifs exorbitants imposés par les diffuseurs.

Il était prévisible que les tarifs pratiqués par DAZN – 30 € minimum par mois pour regarder huit des neuf matches de la Ligue 1 à chaque journée – incitent de nombreux consommateurs à se tourner vers des plateformes, principalement illégales. Lors du premier match de la saison entre Le Havre et le PSG, des dizaines de milliers de personnes étaient connectées à des flux Telegram, dont 50 000 sur un seul compte. D’autres ont utilisé des IPTV. Mais en quoi consistent ces pratiques ? Franceinfo : sport fait le point.

## Streaming, IPTV, VPN… Qu’est-ce que c’est ?

Les fans de football ont de nombreuses stratégies pour contourner les abonnements DAZN ou beIN Sports. Pour payer moins cher, beaucoup optent pour le streaming illégal, via des sites internet qui diffusent les matchs avec des partages d’écran ou des versions étrangères, ou via les réseaux sociaux. Des retransmissions en direct sont également diffusées sur X (ex-Twitter). À partir de cette plateforme, il est possible de trouver des liens Telegram redirigeant vers des diffusions en direct sur la plateforme de messagerie instantanée.

Les consommateurs peuvent également utiliser un VPN (réseau privé virtuel) pour modifier leur localisation et ainsi profiter d’offres internationales plus économiques. Par exemple, une chaîne YouTube diffuse gratuitement la Ligue 1 au Brésil.

Une autre pratique en vogue est l’utilisation d’IPTV (télévision sur protocole Internet), qui permet de regarder la télévision via sa connexion internet. Ce dispositif donne accès à des plateformes de VOD telles que Netflix, Disney +, Prime Vidéo ou encore Canal +. Généralement, l’IPTV fonctionne avec un décodeur fourni par un revendeur.

## Ces solutions sont-elles légales ?

En ce qui concerne les services d’IPTV, ils sont légaux si le fournisseur paie une licence lui permettant de diffuser du contenu qui ne lui appartient pas. Dans ce cas, le fournisseur facture souvent un abonnement à ses utilisateurs. En revanche, le système devient illégal lorsque les contenus diffusés sont piratés. En général, les utilisateurs paient un abonnement à un prix modéré (entre 20 € et 50 € par an) pour accéder à l’ensemble des programmes TV, y compris ceux normalement accessibles par un abonnement complet. Selon l’Arcom, 1,85 million de personnes ont utilisé une IPTV illégale en 2023.

Sur le plan légal, un utilisateur regardant du football via une IPTV diffusant du contenu piraté ou via des plateformes de streaming illégales (sites web, Telegram…) se rend coupable de recel de contrefaçon et risque cinq ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende (article 312-1 du Code pénal). Cependant, en pratique, aucune sanction n’a été prononcée contre un utilisateur d’IPTV en France, les autorités cherchant principalement à traquer les diffuseurs.

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## Comment la LFP tente-t-elle de lutter ?

Face à cette situation, la Ligue de football professionnel (LFP) s’est félicitée le 12 août d’avoir obtenu du tribunal judiciaire de Paris le blocage de sites de streaming en direct et de services d’IPTV diffusant sans autorisation les championnats de Ligue 1 McDonalds et de Ligue 2 BKT. Cette décision est la quatrième injonction de blocage obtenue par la LFP depuis la création du dispositif de lutte contre le piratage sportif en janvier 2022, mais c’est la première avant le début d’une saison.

Tout au long de l’année, la Ligue pourra saisir l’Arcom pour ajouter d’autres noms à la liste des sites et IPTV à interdire. Cependant, jusqu’à présent, les fraudeurs ont réussi à trouver d’autres moyens pour contourner les mesures de censure, ce qui rend cette victoire de façade pour la LFP.

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