Durant la période estivale, de nombreux professionnels tels que des salariés, des travailleurs indépendants et des chefs d’entreprise sont interrogés sur leur utilisation des intelligences artificielles génératives et sur la manière dont celles-ci impactent leur activité professionnelle. Aujourd’hui, c’est au tour de Marine Maïwa, une comédienne spécialisée dans le doublage vocal, de nous faire part de son expérience.
L’utilisation des intelligences artificielles généraives par les professionnels de la voix
Les professionnels de la voix, tels que les salariés, les indépendants et les chefs d’entreprise, ont commencé à explorer les possibilités offertes par les intelligences artificielles génératives. Marine Maïwa, comédienne professionnelle voix off, nous livre son expérience dans ce domaine.
En plus de son métier de chanteuse, Marine Maïwa utilise sa voix pour enregistrer des documentaires, des publicités à la radio, à la télévision ou des vidéos institutionnelles. Lorsqu’elle a découvert les capacités des intelligences artificielles à générer une voix de synthèse presque aussi naturelle qu’une voix humaine, elle a été impressionnée. Cependant, au fil des mois, elle commence à percevoir les dangers potentiels de cette technologie.
Un exemple concret est survenu lorsqu’elle a été contactée pour enregistrer une publicité pour une marque de voiture. Le client souhaitait initialement utiliser une voix de synthèse, mais la production a mis en garde contre les résultats possibles. Finalement, le client a opté pour une véritable comédienne voix off, faisant ainsi appel à Marine Maïwa pour le projet.
Selon Marine Maïwa, certaines sociétés de production ont recours à des intelligences artificielles capables de cloner la voix des comédiens pour effectuer des retouches sur les enregistrements. Cela pose des questions éthiques, notamment en termes de consentement. Elle souligne l’importance de légiférer sur ce sujet pour protéger les droits des professionnels de la voix.
Les interrogations sur l’avenir du métier de la voix enregistrée
Face à l’émergence de ces nouvelles technologies, Marine Maïwa, âgée de 40 ans, exprime son inquiétude quant à l’avenir de son métier. Elle souligne que les voix synthétiques actuelles présentent encore des défauts perceptibles par une oreille exercée. Cependant, elle craint que dans quelques années, les intelligences artificielles parviennent à générer des voix de synthèse de qualité supérieure, au risque de créer des voix standardisées et dénuées d’émotion.
Elle évoque également le cas de ses collègues comédiens spécialisés dans le doublage de films, qui ont lancé une pétition nommée « TouchePasMaVf » pour défendre leur métier. Cette initiative a déjà récolté plus de 150 000 signatures, témoignant des préoccupations croissantes au sein de la profession face à l’évolution des technologies de synthèse vocale.




