Prochainement, les détails de la réforme de l’assurance chômage seront annoncés par le gouvernement. Cette réforme va entraîner un durcissement des règles, ce qui aura des conséquences importantes pour de nombreux bénéficiaires, d’après une étude réalisée par l’Unedic. En effet, si la durée d’affiliation nécessaire pour bénéficier de l’assurance chômage est portée à douze mois au lieu des six actuels, de nombreuses personnes seront impactées négativement.
Les conséquences possibles de la future réforme de l’assurance chômage évaluées par l’Unedic
L’Unedic, l’organisme en charge de la gestion de l’assurance chômage, a analysé les impacts de la future réforme du gouvernement dans un document interne, divulgué le samedi 18 mai par le journal Le Monde et dont l’AFP a obtenu une copie. Si le gouvernement demande aux demandeurs d’emploi de travailler plus longtemps pour bénéficier d’une allocation chômage, quelles seront les conséquences et qui sera touché ?
Actuellement, il est nécessaire d’avoir travaillé six mois sur une période de 24 mois pour bénéficier d’une indemnité chômage. Cependant, si l’on ajoute un mois de travail, soit sept mois au total, 11% des allocataires seront pénalisés. Selon l’Unedic, si cette période est portée à 12 mois sur les 24 derniers mois, environ un tiers (31%) des inscrits à Pôle Emploi seront impactés, mais le système économisera 2,3 milliards d’euros par an. Il est probable que le gouvernement fixe la durée requise entre ces deux extrêmes, en demandant par exemple huit ou neuf mois de travail sur les 24 derniers mois pour déclencher l’indemnisation.
Renforcer les critères d’admission et réduire la durée d’indemnisation
Le gouvernement envisage également de réduire la période de référence. C’est une autre option étudiée par l’Unedic, ce qui signifierait qu’il faudrait désormais avoir travaillé six mois sur les 18 derniers mois au lieu de 24, ce qui rendrait l’accès à l’indemnisation plus difficile. Dans ce cas également, plus d’un tiers des chômeurs seraient impactés et les économies pour le système atteindraient 7,5 milliards d’euros par an. Quelle que soit la décision prise, l’Unedic souligne que les jeunes, ainsi que ceux en contrat à durée déterminée ou en intérim, seront les premiers touchés.
Une autre mesure envisagée est la réduction de la durée d’indemnisation. Cela signifierait que les demandeurs d’emploi seraient indemnisés pendant une période plus courte. Actuellement, pour les moins de 53 ans, cette période peut aller jusqu’à 18 mois. Cependant, le gouvernement pourrait la réduire à 12 mois, afin de se conformer à la moyenne européenne et d’économiser six milliards d’euros par an. Cette mesure pénaliserait principalement ceux ayant une longue expérience professionnelle, ayant été licenciés ou ayant mis fin à leur contrat par une rupture conventionnelle.
Il est possible que le gouvernement opte pour une combinaison de mesures : renforcer les critères d’admission tout en réduisant la durée d’indemnisation. L’objectif de cette réforme est clairement de réduire les dépenses liées à l’assurance chômage.




