Prévention des crises cardiaques au travail : recommandations de l’INRS

Plus de la moitié des accidents mortels au travail sont des crises cardiaques
          Alors que le nombre d’accidents mortels au travail a encore progressé en 2023, l’INRS, l’organisme spécialisé sur les risques professionnels, émet des recommandations pour mieux prévenir les infarctus du myocarde.

En 2023, le nombre d’accidents mortels au travail a continué d’augmenter, ce qui soulève de graves préoccupations en matière de sécurité professionnelle. Face à cette situation alarmante, l’INRS, expert dans la prévention des risques professionnels, émet des recommandations visant à améliorer la prévention des infarctus du myocarde sur le lieu de travail.

Les malaises mortels au travail : une cause sous-estimée

Lorsqu’on aborde la question des accidents mortels au travail, on a tendance à penser aux incidents liés aux machines, à la manutention ou aux accidents de la route. Cependant, une étude récente de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) révèle que plus de la moitié des décès survenus au travail, dans le secteur privé, sont en réalité causés par des malaises mortels sans facteurs externes tels qu’une chute, un choc ou une électrocution.

Les facteurs favorisant les infarctus sur le lieu de travail

En examinant 143 cas de malaises mortels survenus entre 2012 et 2022, l’INRS a constaté qu’il s’agissait de morts subites causées par des infarctus. Ces décès touchent principalement des hommes à hauteur de 94%, généralement âgés d’environ 51 ans. Les conducteurs de poids lourds et de camions sont particulièrement touchés, suivis par les professionnels du bâtiment et les électriciens.

Philippe Hache, médecin expert à l’INRS et coauteur de l’étude, souligne que les malaises mortels en entreprise étaient souvent attribués à la malchance. Pourtant, les facteurs de risques de l’infarctus sont multiples. Du côté individuel, on retrouve le tabagisme, le cholestérol ou l’obésité. Du côté professionnel, le stress, les horaires atypiques, les postures sédentaires, le port de charges lourdes, le froid ou encore les bruits trop forts favorisent également les problèmes cardiovasculaires à long terme. L’analyse des 143 cas de morts subites révèle que des mesures de prévention peuvent être mises en place, notamment en évaluant correctement les risques liés aux efforts physiques ou psychosociaux.

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L’importance de la visite médicale de mi-carrière

Pour réduire le nombre d’infarctus sur le lieu de travail, le docteur Philippe Hache insiste sur la nécessité d’un suivi régulier de la santé des salariés. La visite médicale de mi-carrière permet notamment d’identifier les risques auxquels les salariés ont été exposés et de déterminer si des ajustements sont nécessaires dans leur poste de travail. L’étude recommande également d’améliorer les secours en entreprise et de former les salariés à réagir en cas d’urgence. Il est arrivé que des collègues ne perçoivent pas la gravité d’un malaise, laissant la victime seule et sans surveillance. Une nouvelle étude de l’INRS, basée sur un échantillon plus large de cas, sera menée cette année afin d’identifier d’autres facteurs de risques potentiels, notamment en situation de télétravail ou lors de périodes de fortes chaleurs.

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