Au cours des derniers mois, plusieurs employés de Orange ont tragiquement décidé de mettre fin à leurs jours. Les syndicats et les salariés pointent du doigt les récentes restructurations au sein de l’entreprise, les accusant d’être à l’origine de cette vague de suicides. Selon eux, les changements organisationnels et les pressions exercées sur le personnel ont eu des conséquences dramatiques sur la santé mentale des employés. Cette situation alarmante soulève des questions sur les conditions de travail au sein de l’entreprise et met en lumière les risques psychosociaux auxquels les salariés sont confrontés. Il est urgent pour Orange de prendre des mesures concrètes pour prévenir de tels drames à l’avenir et assurer le bien-être de ses employés.
Une tragédie chez Orange
Cette histoire commence à Cesson-Sévigné, près de Rennes, où la veuve d’un salarié d’Orange qui s’est suicidé en 2023 témoigne. Philippe Le Gall, âgé de 53 ans et ayant passé 32 ans chez Orange, avait gravi les échelons pour devenir ingénieur. Passionné par son métier, il ne cessait de parler de son travail chez Orange avec enthousiasme, selon sa veuve Pascale Provot.
Pourtant, le 13 septembre 2023, Philippe met fin à ses jours après une tentative de suicide un mois plus tôt. Sa veuve se souvient de la conversation qu’ils ont eue juste avant son geste tragique. Ce suicide s’ajoute à une série de suicides chez Orange, avec une trentaine en deux ans parmi les 65 000 salariés, selon les syndicats.
Un lien entre le travail et le suicide
Dans le cas de Philippe Le Gall, le lien entre son geste et son travail chez Orange est indéniable. Son suicide est requalifié en accident du travail, soulignant les pressions qu’il subissait. Philippe travaillait dans une branche visée par un plan de départs volontaires, ce qui accentuait ses craintes de perdre son emploi. Les rapports de médecins du travail révèlent une augmentation de la charge de travail, une incertitude sur l’avenir professionnel et des objectifs flous au sein de l’entreprise.
Les syndicats inquiets
Les syndicats craignent une répétition de la vague de suicides qui avait touché France Télécom il y a quinze ans, liée aux restructurations en cours. Ils réclament un moratoire, tandis que la direction refuse de céder.
La réponse de la direction d’Orange
Face aux accusations, la direction d’Orange se défend en affirmant que l’entreprise doit se transformer pour s’adapter aux évolutions du marché. Les suicides sont pris au sérieux et ont été discutés en conseil d’administration. Des dispositifs de prévention des risques et de soutien sont mis en place pour accompagner les salariés en difficulté.
La CFDT, contrairement à d’autres syndicats, estime qu’il ne faut pas établir de parallèle avec la crise sociale de France Télécom dans les années 2000, tout en restant vigilant. La Cour de cassation doit examiner les pourvois de l’ex-PDG Didier Lombard après sa condamnation pour harcèlement moral ayant conduit à une vague de suicides.
Des services d’écoute disponibles
En cas de besoin d’aide, d’inquiétude ou de confrontation au suicide d’un proche, des services d’écoute anonymes sont disponibles. La ligne Suicide écoute est joignable 24 heures sur 24 au 01 45 39 40 00. D’autres informations sont également disponibles sur le site du ministère de la Santé.




