Annie Ernaux et Jean-Marie Le Clézio, écrivains français de renom, se sont joints à Orhan Pamuk, célèbre écrivain turc, ainsi qu’à Wole Soyinka, écrivain nigérian, pour soutenir l’appel lancé par Kamel Daoud, lauréat du Prix Goncourt 2024, en faveur de la libération urgente de l’écrivain franco-algérien détenu.
L’arrestation présumée de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal à l’aéroport d’Alger a suscité une mobilisation internationale dans le monde des lettres. Confirmée par l’agence gouvernementale algérienne APS, la date précise de son arrestation n’a pas été précisée. Des Prix Nobel de littérature tels qu’Annie Ernaux, Jean-Marie Le Clézio, Orhan Pamuk, Wole Soyinka, ainsi que des écrivains renommés comme Salman Rushdie, Peter Sloterdijk, Andreï Kourkov, Roberto Saviano, Giuliano da Empoli, Alaa el Aswany, et d’autres ont rejoint un appel à la solidarité lancé dans l’hebdomadaire « Le Point » par le Prix Goncourt 2024, Kamel Daoud. Parmi les signataires figurent également des personnalités telles que Sylvain Tesson, Leïla Slimani, Elisabeth Badinter, Bernard-Henri Levy, Jean-Baptiste Andrea, Emilie Frèche, Caroline Fourest, Boris Cyrulnik ou encore Joan Sfar.
Dans son message adressé aux défenseurs de la liberté, Kamel Daoud exprime sa profonde inquiétude face à la réalité alarmante en Algérie, où la liberté d’expression est devenue un souvenir face aux répressions et aux emprisonnements. Il décrit Boualem Sansal comme un prophète souriant, provocateur et libre, dont l’innocence face à la dictature l’a conduit à négliger les dangers qui l’attendaient en Algérie. Daoud souligne que Sansal n’écrit pas pour nuire, mais pour exprimer sa vision critique contre l’oppression, l’injustice et le totalitarisme islamiste.
Boualem Sansal, connu pour ses prises de position sans concession sur l’islamisme et l’histoire de l’Algérie, a toujours été une voix critique. Ses ouvrages, tels que « Le village de l’Allemand » et « 2084, la fin du monde », ont été salués en France malgré la censure dans son pays d’origine. Son engagement contre l’islamisme lui a valu des inimitiés et des accusations d’islamophobie, mais il a toujours défendu sa position contre l’instrumentalisation de l’islam à des fins politiques et sociales.
Face à cette situation, de nombreux soutiens se sont manifestés, tant du côté des responsables politiques français, comme Edouard Philippe, que des auteurs, dont Yasmina Khadra, Tahar Ben Jelloun, Nicolas Mathieu, qui ont appelé à la libération de Boualem Sansal. Ces événements surviennent dans un contexte de tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie, suite au soutien de Paris au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental.




