Mettre en place des panneaux solaires dans divers endroits afin de réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles semble être une bonne idée. Cependant, certains militants écologistes s’opposent fermement à la destruction d’espaces naturels ou de forêts pour mener à bien ces projets, comme cela a été le cas sur la montagne de Lure. Cette controverse a été mise en lumière lors d’un reportage diffusé dans l’émission « Envoyé spécial » le 25 avril 2024. Les partisans de l’environnement soulignent ainsi l’importance de concilier la transition énergétique avec la préservation de la biodiversité et des écosystèmes fragiles. Cette question soulève des débats passionnés entre les différents acteurs impliqués dans la transition vers les énergies renouvelables, mettant en lumière les défis et les dilemmes auxquels la société est confrontée dans sa lutte pour un avenir plus durable.
Expansion des panneaux photovoltaïques : une polémique environnementale
Les panneaux photovoltaïques ne se limitent plus aux toits des maisons, aux parkings ou aux zones industrielles. Le gouvernement français souhaite les voir se développer partout pour décarboner le pays. Ainsi, les entreprises d’énergies renouvelables se lancent dans l’installation de centrales solaires sur de vastes terrains, suscitant parfois la colère des militants écologistes. Ces derniers soutiennent les énergies vertes pour protéger l’environnement, mais s’opposent à certaines méthodes.
En effet, dans les Alpes-de-Haute-Provence, le collectif Elzeard Lure en résistance tente depuis deux ans d’empêcher l’extension d’un chantier jugé destructeur pour la montagne de Lure. La centrale des Cigalettes, composée de 38 000 panneaux solaires sur 20 hectares, a été construite en 2015 par l’entreprise canadienne Boralex. Cette centrale fournit de l’électricité à environ 5 000 habitants.
Pour Sylvie Bitterlin, contempler chaque matin les « deux énormes balafres faites dans la forêt » est un déchirement. Malgré les efforts des défenseurs de l’environnement pour stopper la construction de la centrale, celle-ci a finalement vu le jour après l’épuisement de tous les recours légaux. Des tentatives de blocage physique du chantier ont été repoussées par les ouvriers et les forces de l’ordre.
« Menaces et tensions sur le chantier »
Des vidéos filmées par le collectif montrent un bûcheron menaçant de recourir à une tronçonneuse contre un militant tentant d’empêcher l’abattage d’un arbre. Selon les témoignages, le chef de chantier incitait les bûcherons à continuer malgré la présence des militants. Des actions se sont multipliées pendant cinq semaines, jusqu’à l’arrestation de Sylvie Bitterlin et Claudine Clovis, placées en garde à vue. Condamnées à des amendes et à verser des dommages et intérêts à Boralex, elles ont fait appel pour poursuivre leur combat pour la montagne de Lure.
La région de Provence abrite déjà une vingtaine de centrales solaires, et une douzaine d’autres sont en construction ou en projet, malgré le classement de la zone en réserve de biosphère par l’Unesco.
Extrait de « Le solaire de la peur », un reportage diffusé dans « Envoyé spécial » le 25 avril 2024.




