Suite aux violences et aux dégâts importants survenus au mois de mai en Nouvelle-Calédonie, les tensions persistent dans le huis clos entre les partisans de la loyalistes et les indépendantistes. Dans la région du Mont-Dore, au sud de la Grande Terre, les divisions et les conflits liés au concept de « vivre-ensemble » sont particulièrement exacerbés.
La traversée depuis Nouméa a été mouvementée, les passagers secoués dans le petit bateau pneumatique. La « navette maritime » a été mise en place au début de la crise en Nouvelle-Calédonie, il y a plus de quatre mois, et reste le seul lien entre Le Mont-Dore et le reste de la Grande Terre. Chaque jour, des centaines de Calédoniens font l’aller-retour, se levant très tôt pour être sûrs d’avoir une place à bord. Lorsque les conditions météorologiques sont mauvaises, ils restent à quai, tout comme les barges qui transportent vivres et carburants.
Le Mont-Dore, avec environ 15 000 habitants, est isolé du reste de l’île en raison du blocage de la seule route menant à la tribu kanake de Saint-Louis. Le Haut-Commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie a enregistré plus de 300 tirs sur les gendarmes et 56 car-jackings ces derniers mois.
Jean-Jacques Locker, retraité et habitant du Mont-Dore depuis 40 ans, est le secrétaire général du collectif des « Mondoriens du sud ». Ce collectif vise à déposer une plainte collective contre les auteurs des violences et à sensibiliser sur les souffrances des habitants. Jean-Jacques souligne l’importance du vivre ensemble, soulignant que différentes communautés cohabitent depuis longtemps.
Certains habitants du Mont-Dore se sentent menacés par les violences, comme Philippe, propriétaire d’une distillerie cambriolée neuf fois depuis le mois de mai. Il qualifie les émeutiers de « terroristes », témoignant de la difficulté à renouer la confiance.
La tribu de Saint-Louis est le théâtre de tensions, avec des jeunes animés par un sentiment d’injustice selon Jean-Pierre Wamytan, un des chefs de clan. Il souligne la discrimination envers la jeunesse kanake, découragée et en colère.
Nadine, aide-soignante de 49 ans, a été victime d’un car-jacking avec menace de mort. Elle décrit une agression violente et traumatique, marquée par l’alcool et la drogue des assaillants. Cette expérience l’a plongée dans la dépression et l’incertitude quant à son avenir en Nouvelle-Calédonie.
Jean-Jacques exprime le souhait de voir la route rouvrir et la paix revenir au Mont-Dore.




