Les faits divers sont un sujet de fascination pour le public, qui adore en entendre parler. Les journalistes, quant à eux, cherchent toujours la meilleure manière d’aborder ces sujets sans tomber dans le voyeurisme. Malgré cela, il arrive que la presse se laisse emporter par le sensationnalisme et en fasse ses choux gras. Deux bandes dessinées récentes illustrent parfaitement ce phénomène, nous rappelant ainsi que la frontière entre information et sensationnalisme est parfois mince.
Selon Sylvain Venayre et Hugues Micol, la belle époque du fait divers a eu lieu au début du XXe siècle, lorsque la presse s’en emparait pour captiver son public. À cette époque, plus de neuf millions de journaux étaient vendus chaque jour en France.
### L’affaire de la petite Marthe Erbelding
Sylvain Venayre, historien et universitaire, a décidé de raconter une histoire vraie de disparition d’enfant qui a secoué Paris en février 1907. Cette période est marquée par des débats sur l’abolition de la peine de mort, la création des Brigades du Tigre par Clémenceau et l’interdiction des visites à la morgue de Paris par le préfet de police Lépine. Hugues Micol illustre cette période avec talent, nous plongeant dans le Paris d’avant la Première Guerre mondiale.
La tragique histoire de la petite Marthe Erbelding révèle qu’elle a été assassinée par un « ami » de la famille. Ses funérailles ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes. La bande dessinée intitulée « Les Crieurs du crime » est coéditée par les éditions Delcourt et La Découverte.
### Le mystère du petit Grégory
Il y a 40 ans, le 16 octobre 1984, le corps sans vie d’un enfant de 4 ans était retrouvé dans une rivière des Vosges. La vérité sur cet assassinat n’a jamais été élucidée. Le père de l’enfant, Jean-Marie Villemin, a confié sa version des faits au scénariste Pat Perna, qui a été dessinée par Christophe Gaultier. La bande dessinée sobrement intitulée « Grégory » est publiée aux éditions les Arènes.




