Découverte inédite : carnet de voyage perdu de Jean Giono publié

Un inédit de Jean Giono, longtemps considéré comme perdu, vient d'être publié
          Un chercheur en histoire a retrouvé un carnet de voyage de l'écrivain provençal, mort en 1970, récit d'une longue marche dans la Haute-Drôme.

Un historien passionné a mis la main sur un précieux carnet de voyage appartenant à un écrivain originaire de Provence, décédé en 1970. Ce carnet relate en détail une aventure épique à travers les paysages de la Haute-Drôme, offrant ainsi un aperçu fascinant de cette région pittoresque.

Un texte de voyage inédit de Jean Giono, qui était considéré comme perdu depuis longtemps, est publié le jeudi 3 octobre 2024 après avoir été retrouvé dans des archives judiciaires où il avait dormi pendant plus de quatre-vingts ans. Intitulé « Voyage à pied dans la Haute-Drôme », publié aux éditions des Busclats, une collection de Gallimard, ce récit raconte un voyage entrepris par l’auteur du « Hussard sur le toit » en juillet 1939.

Jean Giono avait mentionné ce cahier sans préciser où il avait disparu. Les experts ne pensaient plus pouvoir le lire un jour. Cependant, lors de recherches pour un mémoire consacré à la section spéciale de la cour d’appel de Paris, une juridiction exceptionnelle mise en place pendant l’occupation nazie, le chercheur en histoire Antoine Crovella a découvert ce texte conservé aux Archives nationales.

### L’ultrapacifiste Giono était une cible

Giono a été l’une des cibles de cette juridiction en 1941, créée pour réprimer les militants du Parti communiste, alors interdit. Bien que l’écrivain de Manosque ait eu des affinités avec le parti comme beaucoup d’auteurs avant-gardistes des années 1920-1930, il avait rompu avec lui en 1936.

Ancien soldat de la Première Guerre mondiale, ultrapacifiste, Jean Giono désapprouvait l’utilisation des armes pour défendre les Républicains en Espagne. Il est impliqué dans une affaire obscure concernant un groupe communiste présumé à Landry (Savoie), qu’il ne connaissait en réalité pas. Son carnet de voyage est une preuve qu’il n’a jamais visité ce village. Cependant, il ne lui sera pas restitué par ses juges.

### L’antisémitisme des années 1930

Paradoxalement, à cette époque, Giono était sympathisant du régime de Vichy, qui correspondait à son pacifisme. En juillet 1939, il a consigné ses impressions de la région de Nyons, qu’il parcourait pour un roman publié en 1951, « Les Grands chemins ». En plus des descriptions des paysages et des rencontres avec les habitants, on trouve dans ce « voyage » un passage caractéristique de l’antisémitisme des années 1930, lorsque Giono aperçoit un avion de ligne.

À LIRE  Découverte de la gastronomie partagée à Wallis et Futuna

Il écrit : « Imaginer la carlingue avec ses passagers, sans doute des banquiers ou des modèles de mode, des mannequins de grand tailleur ou Madame Grünbaum quelque chose ou Madame Rothschild ou des marchands d’huile. » Antoine Crovella commente ces lignes en soulignant que la démarche littéraire et politique de Giono se veut antimoderne, défendant le paysan et les valeurs de la terre contre les puissants et l’internationalisme.

Retour en haut