Le rapport de la Cour des comptes souligne que malgré les efforts déployés par le plan de relance (2020-2022) pour soutenir le secteur culturel en cette période d’urgence, le ministère de la Culture a été relégué au second plan. En effet, la logique interministérielle mise en place a permis de stabiliser la situation financière de nombreux acteurs culturels, mais n’a pas laissé suffisamment de marge de manœuvre au ministère de la Culture. Selon la Cour des comptes, cette situation soulève des interrogations quant à la place et au rôle du ministère dans la politique de relance du secteur culturel.
La Cour des comptes a émis une alerte concernant les crédits exceptionnels de 3 milliards d’euros attribués au secteur culturel entre 2017 et 2023, dénonçant un manque de pilotage du ministère de la Culture et une logique de dépense incontrôlable.
Selon le rapport de la Cour des comptes, les crédits de relance (1,6 milliard d’euros) visent à accompagner la sortie de crise Covid, tandis que les programmes d’investissements d’avenir (1,5 milliard) sont alloués à plus long terme. Cependant, la juridiction souligne que le ministère de la Culture a été peu impliqué dans la définition de stratégies pour redynamiser les filières culturelles.
Dans le secteur du patrimoine, certains projets ont bénéficié d’un effet d’aubaine, comme le château restauré de Villers-Cotterêts qui a reçu des fonds importants du plan de relance et des programmes d’investissement. D’autres structures comme le Centre des monuments nationaux ou le château de Versailles ont également vu leurs moyens augmenter de façon significative.
La Cour des comptes critique le pilotage des crédits par le Secrétariat général pour l’investissement, soulignant un éloignement du ministère de la Culture et du Parlement. Les programmes d’investissement d’avenir, tels que France 2030, sont jugés inadaptés au secteur culturel, avec une stratégie peu claire et des opérateurs utilisés comme des guichets de subventions.
Lors de son audition au Sénat, Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, a dénoncé un pilotage par la dépense favorisant certains secteurs au détriment d’autres, ainsi qu’un surinvestissement dans l’art contemporain et les start-up. Il a souligné la nécessité de rendre des comptes à la Commission européenne, soulignant l’importance de l’investissement avisé.




