En 2024, Marseille et ses environs ont été le théâtre de la mort de 24 personnes due au narcobanditisme. Ce chiffre représente une baisse par rapport à l’année précédente, où le triste record avait été atteint avec un nombre de victimes deux fois plus élevé.
Les meurtres liés au trafic de drogue en baisse à Marseille
Les assassinats liés au trafic de drogue ont diminué de moitié dans la région marseillaise. En 2024, les règlements de compte ont causé la mort de 24 personnes, dont 20 à Marseille, contre 49 en 2023. Cette baisse s’explique en partie par la fin d’une guerre entre deux clans du narcotrafic local, avec la victoire de la DZ mafia sur le clan Yoda. Les autorités policières et judiciaires ont également joué un rôle prépondérant dans cette diminution. Le procureur de Marseille et le préfet de police des Bouches-du-Rhône ont présenté leur bilan lors d’une conférence de presse, soulignant une mobilisation « considérable » contre le narcobanditisme.
Le clan de la DZ mafia a remporté la guerre contre le clan Yoda, ce qui a contribué à la baisse des meurtres à Marseille. L’action des enquêteurs et des magistrats contre le trafic de drogue a également été déterminante. Le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, a expliqué que les moyens déployés pour les interpellations ont permis de déjouer plusieurs règlements de compte. Il a également mentionné que des assassinats commandités depuis la prison ont été déjoués grâce à une surveillance renforcée.
Un trafic de drogue moins visible mais toujours présent
Le nombre de points de vente de drogue a diminué de moitié à Marseille en trois ans, avec seulement 84 points encore actifs dans la ville. Le préfet de police des Bouches-du-Rhône, Pierre-Édouard Colliex, a défendu la stratégie de « pilonnage » pour étouffer ces points de deal, avec des opérations telles que « place nette XXL ». Cependant, le trafic de drogue ne s’est pas complètement dissipé, mais a plutôt été déplacé. Les autorités luttent également contre les livraisons de drogue, avec près de 180 interpellations pour du « ubershit » en 2024. En tout, plus de 2 000 personnes ont été mises en examen par les juges marseillais l’année dernière pour des affaires liées au trafic de stupéfiants.
Les autorités alertent sur le profil des trafiquants de drogue
On constate de plus en plus la participation de femmes dans les réseaux de trafic de drogue, passant du rôle traditionnel de « nourrices » à des postes de gestion logistique. Les mineurs sont également de plus en plus impliqués, représentant la moitié de la délinquance juvénile à Marseille liée au narcobanditisme. En 2024, plus de 500 adolescents ont été poursuivis pour trafic de stupéfiants. Ces jeunes, attirés par l’appât du gain facile, participent à ce que le procureur qualifie de « narcotourisme ». La ville de Marseille est perçue comme un eldorado par ces jeunes, mais la réalité est bien sombre, avec des cas de tortures, de séquestrations et même de traite d’êtres humains. Des adolescents sont même recrutés pour commettre des meurtres, un phénomène inquiétant auquel la justice doit faire face.




