L’association nationale de l’agriculture biologique exprime son indignation face aux frais engendrés par les tests de toxicologie nécessaires pour garantir l’absence de contamination de leurs cultures par le prosulfocarbe.
Les préoccupations de la Fnab concernant le prosulfocarbe
Un herbicide largement utilisé pour traiter les céréales, le prosulfocarbe, suscite des inquiétudes au sein de la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab). Cette dernière a récemment appelé à plus de transparence concernant les contaminations des cultures bio par cette substance. Selon la Fnab, le prosulfocarbe contamine régulièrement des cultures non-cibles comme le sarrasin, qui est souvent récolté en automne, au moment des traitements chez les agriculteurs non bios. Philippe Camburet, président de la Fnab et producteur de sarrasin contaminé, dénonce le manque d’indemnisation promis précédemment.
« On doit prouver que le sarrasin n’est pas contaminé »
Au niveau européen, l’autorisation du prosulfocarbe a été prolongée jusqu’à fin janvier 2027 pour permettre une réévaluation du produit. En France, cette substance est autorisée depuis 1990 et est la deuxième substance active la plus vendue après le soufre et devant le glyphosate. Malgré les réglementations imposées par l’Anses en 2023, la Fnab estime que les distances de sécurité ne sont pas suffisantes en raison de la grande volatilité du prosulfocarbe. Elle demande donc l’interdiction totale de cette substance.
Pour les producteurs de sarrasin bio, la situation est critique. Ils doivent prouver que leur récolte n’a pas été contaminée en réalisant des analyses toxicologiques à leurs propres frais. La Fnab affirme que plus de 400 récoltes biologiques de sarrasin ont été contaminées depuis 2018, représentant une perte estimée à 550 000 euros pour les producteurs entre 2020 et 2022.




