Le gouvernement souhaite éviter toute nouvelle controverse similaire à celle qui a récemment secoué l’opinion publique concernant le Doliprane. Afin de prévenir de telles situations à l’avenir, l’État a décidé de conclure un accord avec le laboratoire UPSA, qui est un concurrent de Sanofi.
UPSA, un acteur majeur dans la production de paracétamol en France
UPSA est un acteur important dans le domaine du paracétamol en France, aux côtés de Sanofi. La marque est connue pour ses produits tels que l’Efferalgan, utilisé pour soulager la douleur, et le Dafalgan, pour abaisser la fièvre. Le Dafalgan est actuellement produit à hauteur de 75 millions de boîtes par an, alors que le Doliprane atteint les 100 millions de boîtes. En tant qu’acteur stratégique, l’État français souhaite sécuriser la production de ces médicaments sur le territoire national.
Un accord inédit pour la production de nouveaux médicaments essentiels
Dans le cadre d’un accord inédit, UPSA s’engage à produire deux nouveaux médicaments essentiels provenant d’une liste établie en 2023 par le ministère de la Santé. Cette liste comprend une trentaine de molécules jugées essentielles et stratégiques du point de vue sanitaire et industriel. En échange, l’État s’engage à geler la baisse des prix du paracétamol pour une période de deux ans. Il est important de noter que la production de paracétamol n’est plus rentable en France en raison du faible prix imposé par la Sécurité sociale pour réduire les dépenses de santé.
Selon Isabelle Van Rycke, PDG d’UPSA, citée par Les Échos, les nouveaux médicaments pourraient être la prégabaline, utilisée dans le traitement des crises d’épilepsie, et la lamotrigine, un traitement contre les troubles bipolaires.
Éviter la délocalisation vers les États-Unis
Les nouveaux médicaments seront fabriqués à Agen, où le site d’UPSA produit plus de 300 millions de boîtes de paracétamol par an, dont 45% sont destinées au marché français. Cet accord vise à encourager l’industrie pharmaceutique à rester en France, dans le contexte de la réindustrialisation. En effet, de nombreuses entreprises pourraient être tentées de s’installer aux États-Unis pour éviter les taxes douanières prévues par Donald Trump, tout en bénéficiant de la promesse de réduction de l’impôt sur les sociétés du président élu américain.
Cette stratégie de Donald Trump vise à affaiblir l’industrie européenne et à favoriser une délocalisation des entreprises. Les laboratoires pharmaceutiques français pourraient être particulièrement tentés, étant donné que les médicaments sont parmi les produits les plus exportés vers les États-Unis depuis la France.




