Lors de l’accident tragique survenu en 2017 à Millas, la conductrice du bus impliquée risque une peine plus sévère en appel. En effet, le procureur a demandé cinq ans de prison, dont deux ans ferme, pour la conductrice, suite à la collision sur un passage à niveau qui a causé la mort de six personnes et blessé 17 autres.
Le jugement en appel de l’accident de Millas
Le procès en appel de l’accident de Millas, qui s’est déroulé jeudi à Aix-en-Provence, a été décrit comme « le procès de la colère » par les victimes et les proches des victimes. Selon Julien Audier-Sauria, avocat des parties civiles, la cour a requis cinq ans de prison, dont deux fermes, à l’encontre de Nadine Oliveira, la conductrice du bus impliqué dans l’accident tragique sur un passage à niveau en 2017 à Millas, ayant causé la mort de six personnes et blessé 17 autres. En première instance, elle avait été condamnée à cinq ans de prison, dont un ferme.
Une peine plus lourde, mais qui ne satisfait pas entièrement les victimes, d’après l’avocat : « Les parties civiles que je représente ne seront jamais satisfaites puisque la douleur qui est la leur est très importante, le procès ne réparera pas grand chose pour eux. » Cependant, il souligne que les victimes ont été « satisfaites d’avoir été entendues » et que la peine a été alourdie. Selon lui, c’est davantage la ligne de défense de Nadine Oliveira que son absence qui explique ces réquisitions. La conductrice n’a assisté qu’à trois jours du procès sur trois semaines, en raison d’un malaise cardiaque. Elle a plaidé que la barrière était levée lors de l’accident.
« Rouvrir des blessures en refaisant un procès »
Pour Julien Audier-Sauria, « refaire un procès, c’est rouvrir des blessures » et « c’est ça aussi qui a été pris en compte dans les réquisitions ». L’avocat rappelle qu’en première instance, « il y avait des attentes de vérité » en 2022. Devant la cour d’appel, « les gens étaient fatigués, lassés ».
« Le processus judiciaire permet aussi le processus de deuil, et quand on attend une décision, bientôt sept ans après les faits, on ne peut pas tourner la page », déclare Me Julien Audier-Sauria à France Bleu Roussillon.
« La colère aurait pu être apaisée si on avait eu de nouveaux éléments très concrets, un rebondissement important », cependant, selon lui, les nouvelles expertises en deuxième instance « n’ont rien apporté de plus ». Il souligne que selon les réquisitions faites jeudi, « la vérité est restée du côté de la thèse que la barrière était fermée ».




