Souscrire une assurance auto en quelques minutes, déclarer un sinistre en photo depuis son canapé, télécharger son attestation immédiatement après la signature : ce qui semblait gadget il y a dix ans est devenu, pour des centaines de milliers de Français, une réalité quotidienne. Le modèle 100 % digital bouscule des habitudes solidement ancrées dans le secteur de l’assurance, et certains acteurs en ont fait leur raison d’être dès leur création.
Un courtier né pour le smartphone
Fondée en 2017 à Cesson-Sévigné, en Bretagne, Leocare s’est construite autour d’un principe simple : faire tenir l’intégralité de la relation client dans une application mobile. Souscription, gestion des garanties, avenant, résiliation, déclaration de sinistre guidée étape par étape avec photos : tout se passe là, sans agence, sans formulaire papier, sans courrier recommandé. L’entreprise est membre de la French Tech 120 et revendique aujourd’hui plus de 350 000 assurés et 850 000 téléchargements de son application. Elle affiche une note de 4,8 sur 5 sur Trustpilot et revendique des économies moyennes de l’ordre de 25 % par rapport aux assureurs traditionnels, un chiffre qui émane de la communication de l’entreprise et mérite d’être contextualisé selon les profils. Les contrats sont portés par des assureurs partenaires (Allianz, AXA, Generali, Europ Assistance), Leocare opérant en tant que courtier-distributeur agréé par l’ACPR.
L’offre, initialement centrée sur l’habitation et l’auto, s’est progressivement élargie à la moto, au smartphone, au vélo, à la trottinette électrique, aux animaux et à l’assurance emprunteur. L’ambition affichée est celle d’un contrat unique pour le foyer, ajustable à tout moment depuis l’application selon l’évolution des besoins de chacun.
Ce que le zéro papier change concrètement
Le passage au tout-digital modifie trois moments clés de la relation avec son assureur. À la souscription, plus besoin de se déplacer ni d’imprimer quoi que ce soit : l’attestation est disponible en PDF dès la signature. En cours de contrat, les avenants (modification de franchise, ajustement des garanties, changement de capital mobilier) se gèrent en autonomie depuis l’application, sans intermédiaire. En cas de sinistre, Leocare propose un parcours guidé avec photos prises depuis le téléphone, ce qui supprime le formulaire papier et le délai postal.
Ces gains de fluidité ont un revers. Le contact téléphonique avec un conseiller n’est pas accessible en permanence, ce qui peut devenir un frein réel pour des profils moins à l’aise avec le digital ou pour des situations de sinistre complexes. C’est une limite régulièrement relevée dans les comparatifs spécialisés, et qui illustre bien l’arbitrage auquel font face tous les acteurs mobile-first : l’expérience numérique gagne en rapidité ce qu’elle peut perdre en accompagnement humain. Les enjeux de cybersécurité sont également une réalité du secteur : selon les données disponibles, les cyberattaques représentent la première menace identifiée par les professionnels de l’assurance pour la neuvième année consécutive.
Le marché de l’insurtech mondiale est valorisé à près de 19 milliards de dollars en 2025 et devrait dépasser 23 milliards en 2026, avec une trajectoire de croissance soutenue. En France, l’écosystème s’est structuré, notamment avec la création d’un Collège Assurtech au sein de France FinTech en 2024. Le modèle 100 % en ligne n’est pas une promesse : c’est, pour plusieurs millions d’assurés français, une pratique bien installée. La question n’est plus vraiment de savoir si ça marche, mais pour qui ça marche le mieux. Pour découvrir d’autres tendances qui transforment notre quotidien, vous pouvez explorer la rubrique High Tech du magazine.




